31 octobre, 2007

Annyeonghi keseyo ! Expats en Corée depuis 616 jours

Annyeonghi keseyo !
(Note de Delph)

L'appartement est vidé est j'ai rendu les clés. Ma dernière nuit en Corée sera à l'hôtel Intercontinental au Coex : je termine là où Philippe a commencé, la boucle est bouclée.
Je profite du centre commercial pour acheter un dernier souvenir de Corée (chut... c'est pour l'anniversaire de Philippe !) puis un dernier restaurant coréen, pas facile à trouver parmi les fast-foods du Coex, pour se régaler d'un bulgogi et d'une soupe que je n'ai pas commandée. Décidément, jusqu'au dernier jour, manger coréen signifie toujours repas surprise pour moi !

Un grand merci à tous pour vos commentaires sympathiques et rendez-vous sur Notre Japon !

Blog Notre Japon

03 octobre, 2007

Dans la famille "Cadeaux coréens"... Expats en Corée depuis 588 jours

Dans la famille "Cadeaux coréens"...
(note de Delph)


Décidément, j'adore cette rubrique ! Lecteurs de ce blog expatriés en Corée, n'hésitez pas à mettre dans les commentaires votre dernier cadeau reçu à Chuseok... J'ai une copine qui reçoit en général un gros paquet de viande à Bulgogi. C'est coupé très fin, difficile de la cuisiner à la française !

Donc, dans la famille "Cadeaux coréens", je demande les cadeaux de départ :


Comme vous voyez, cela fait beaucoup de cadeaux juste dans le cadre du travail ! L'entreprise et les clients ont surtout donné dans les plaques de remerciements en cristal ou mieux, dorées à l'or fin et fournie avec le certificat. Admirez aussi la jolie clé dorée qui n'ouvre rien au premier plan...

Pas de cadeau de groupe de la part des collègues comme c'est souvent l'usage en France, mais certains, et pas forcément les plus proches, ont été très généreux à titre individuel, parfois de manière vraiment disproportionnée, par exemple avec le stylo MontBlanc déjà mentionné par Philippe.

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26 septembre, 2007

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée – Expats en Corée depuis 581 jours

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée

Stephanie, une connaissance bostonienne de Flickr à Séoul m’a redonné le goût des listes. Son site est dédié aux listes de 10 choses / 10 things :
http://10things.wordpress.com/. Thank you, Stephanie ! Accessoirement, elle tient un blog photographique sous Flickr sous le pseudo rigolo d’Elizabeth Taylor (tiré du nom d’un chien dans une série américaine, m’a-t-elle expliqué ; je croyais naïvement que c’était une actrice !) : http://www.flickr.com/photos/elizabethtaylor/.

Un an après mon abécédaire coréen, et à la veille de découvrir de nouveaux horizons (vol Séoul-Tokyo demain matin), voici donc ma liste de neuf ou dix choses que j’ai aimées durant mon séjour de deux ans en Corée. Ce ne seront pas uniquement des choses sur la Corée elle-même : quand on est expat, on continue à découvrir, à vivre, à apprécier d’autres choses que le pays d’accueil.

1 – Le Hangeul et l’écriture coréenne. Les petites syllabes bien rangées dans leurs petits carrés imaginaires. La logique parfaite de leur invention par le roi Sejong le Grand et son aréopage de savants il y a plus de cinq cents ans. Et nos efforts quasi-hebdomadaires pour associer à ses jolis petits dessins des mots et des phrases. Au bout de deux ans, entrecoupés de business trips, de vacances et de changement de professeur, nos cours de coréen ne nous ont pas permis de nous exprimer proprement, ni de comprendre mes collègues en réunion. Mais nos devoirs du dimanche après-midi, et notre gentille prof Eun-sun resteront en mémoire… sans doute plus longtemps que les quelques phrases que nous pouvons bâtir aujourd’hui dans la langue du roi Sejong. Voir la série de photos à ce sujet sur mon compte Flickr.

2 – Les temples bouddhistes. Logés en haut de raidillons qui étirent les mollets. Lovés dans la verdure d’une colline, d’une montagne, d’un site naturel souvent exceptionnel. Mon premier souvenir, depuis l’hôtel du CoEx : Bongeun-sa, situé juste à côté d’un centre commercial trépidant, mais niché dans un écrin de nature reposant. Nos premières lanternes sur l’île de GangHwa-do nous apprennent que l’anniversaire de Bouddha sera célébré dans moins d’un mois. Nos randonnées dans les montagnes de Bukhansan ou de Gwanaksan, de Seoraksan ou d’Odaesan, ont toujours pour objectif escarpé un de ces temples (celui de la photo est Seungga-sa dans le Bukhansan).

3 – Bon, la cantine du bureau n’était pas hautement gastronomique. Bon, les expats se dirigeaient un peu trop souvent vers le MacDo ou le KFC. Mais voilà qu’on découvre peu à peu quelques petits restos coréens juste à côté du bureau qui nous permettent de bien manger. Et rapidement avec ça. A la coréenne. A midi pile, c’est le rush ; à treize heures, on fait la vaisselle et on range. Parfois un samkyetang (soupe au poulet fourré au riz), ou simplement un dolsot bibimpap, un bon riz mélangé à des légumes et un œuf, servi dans un poêlon brûlant qui rend le riz croustillant. Mais dans notre boui-boui favori, mon assiette préférée était le Donggas Set (prononcer Seteu), une grande assiette avec des mandus délicieux, de la viande panée, du kimbap enrobé dans des algues craquantes, et une soupe de nouilles pour faire bon poids. Rassasié.

4 – La pause-café. En général juste après le petit resto du midi, au Coffee Bean du coin de la rue. « ‘Expresso double’ han ge jusseyo. Ne, yogi-o ». Quand je suis seul, un petit crochet par le kiosque à journaux sur la grande avenue pour savourer le Korea Times en même temps que le petit noir. J’ai mis un bout de temps à casser le rythme effréné de la journée de travail coréenne, en adoptant cette petite pause réparatrice avant que mes collègues français arrivent au bureau (décalage horaire oblige, vers seize heures l’été, dix-sept heures l’hiver, heure de Séoul). Ca a super bien marché, depuis que j’ai pris cette habitude.

5 – Ma Corée, en dehors de Séoul. Pour une fois, je la joue perso, car certains de mes bons souvenirs (égrenés le long des articles de ce blog) hors de Séoul se la jouaient entre collègues. On appelle cela pudiquement des « workshops », ateliers de travail en français. Un cocktail savamment dosé d’un zeste de travail dans un grand verre d’alcool, avec deux doigts de karaoké pour faire bonne mesure. Bien mélanger pour que le zeste de travail ne laisse pas un goût amer en bouche. Bains bouillonnants à Ichon, randonnée et sashimi sur le port dans la ville natale du PDG à Samcheonpo, ski à Vivaldi Park avec mon équipe, etc. Que des bons souvenirs ! En famille également, la Corée vaut le coup de se visiter. En voiture de loc ou en bus. Une semaine sur la côte Est, quatre jours sur l’île de Jeju, un week-end à Gangjin pour le festival de la céramique, etc. Que des bons souvenirs là encore !

6 – Les vacances pour découvrir l’Asie. Tant qu’à être à plus de dix mille kilomètres de nos pénates, autant en profiter pour butiner les pays voisins. Sur ce sujet aussi, tout a été dit dans ce blog au fur et à mesure de nos escapades. Mais quand on y repense, quel plaisir de découvrir ensemble le nord du Vietnam, Kyoto et les îles de la Thaïlande ! Quel plaisir d’emmener Delphine et les enfants dans des endroits que j’avais découverts au cours de mes pérégrinations professionnelles ; le chapelet s’égrène comme un rosaire bouddhiste : Hong-Kong, Pékin, Bangkok.

7 – La vie d’expat. Quand on sature un peu sur la Corée et les Coréens, souvent pour des raisons professionnelles, qu’il est bon de profiter un peu des avantages de la vie d’expat à Séoul ! De se reposer l’esprit dans notre jardin des quatre saisons, quand il y fait beau et doux au printemps et à l’automne. De se reposer les papilles dans un resto étranger à Itaewon ou ailleurs. Ah ! la tarte fine aux pommes et au caramel au beurre salé de La Cigale ! Ah ! la tomate-mozza et la pizza géante de Sortino’s ! Ah ! le brunch du dimanche au Grand Hyatt ! De déconnecter les neurones en apprenant la salsa au studio « You can dance » ou en écoutant de bonnes reprises pop-rock au JJ Mahoney’s.

8 – Les films et les meilleures séries du moment sur… l’ordinateur ! Incompatibilité franco-coréenne des standards télé & dévédé oblige, nous nous étions offert un ordi avec écran et son dignes de ce nom. Bien nous en a pris. Nos longues soirées d’hiver ont été bien remplies grâce à lui. Découverte de la cinématographie coréenne (ben oui, aller au ciné sans les sous-titres, c’est moins facile d’apprécier), dont Delphine a fait un palmarès accessible depuis la rubrique ‘cinéma coréen’ dans la marge. Mes préférés : JSA, ‘Old Boy’, ‘Printemps, été, automne, hiver, goligo bom’, et le film d’horreur marrant ‘The Host’ (‘Goemul’ en coréen) qui me revient en tête à chaque fois qu’on va se balader ou faire du vélo le long de la rivière Han. Côté séries américaines, on a attaqué avec ‘24’ et ‘Lost’, puis on s’est plongés avec délices dans 'Desperate Housewives', avant de tomber raides dingues d’ ‘Alias’.

9 – Les joies d’Internet et de Flickr ! Une sorte de maraboud’ficelle qui commence lorsqu’Internet permet magiquement de rester proche de ses proches : Skype nous propose de téléphoner à nos familles restées en France à un prix dérisoire, et on écoute France-Info à toute heure. Puis, l’auto-éducation de Delphine aux arcanes du html nous permet de nous épancher sur ce blog. D’Internet à la musique high-tech, il n’y a qu’un pas que je franchis en achetant un iPod à Hong-Kong, en téléchargeant deux mille morceaux de ma discothèque et en m’abonnant à des Podcasts musicaux (les Inrocks) ou infos (la revue de presse de France Inter). Puis voilà que je tombe accro à Flickr, un fabuleux site d’amateurs de photos. Et des photos, en Corée et en Asie, on en a fait ! Le compteur de mon nouveau Sony indique trois mille photos un an après son achat : de quoi en extraire une centaine pas trop moches à mettre sur Flickr. Le maraboud’ficelle de la high-tech reboucle ici avec la Corée, à travers les sorties photos qu’une communauté de ‘Flickrites’ organise depuis quelques mois dans Séoul. Ce sont tous de super photographes, voir comment accéder à leurs photos sur le site d’Eric/Sudoksa :
http://sudoksa.centerblog.net/2688079-Phil-et-Flickr. Merci, Eric!

10 – Mais la liste ne serait pas complète sans les soirées entre collègues ! En moyenne une fois par semaine lorsque je n’étais pas en déplacement à l’étranger, beaucoup plus pour les Coréens bien sûr. On s’habitue à cette atmosphère bon enfant, où l’objectif avoué des Coréens de se saouler le plus rapidement possible (pour faire tomber les faux-semblants et « parler vrai ») est en général atteint avant la fin du repas. Repas qui n’est que la première étape (il-cha) avant la deuxième (i-cha), voire plus si affinités. Les promotions ou les soirées de départ d’un collègue vers une autre société sont prétextes à des libations plus intenses : perruques rigolotes, bomb shots (petits verres de soju qui tombent en cascade dans des verres à bière, le tout à absorber cul sec), et toutes ces gentilles attentions à celui qui est promu ou qui nous quitte ! Voir l’un des ‘posts’ précédents pour lire à quelle sauce j’ai été mangé (bu ?) pour fêter dignement mon départ de Corée.

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23 septembre, 2007

Stupeur et Tremblements (d’espoir) – Expats en Corée depuis 578 jours

Stupeur et Tremblements (d’espoir)

« Amélie-san,

Félicitations.
signé : Mori Fubuki »

Ainsi se termine l’extraordinaire roman d’Amélie Nothomb « Stupeur et Tremblements ».
Ainsi aurait pu s’adresser à moi A.B., un président d’Alcatel-Lucent qui me connaît depuis longtemps, lorsqu’il me proposa de quitter la Corée et Nortel avec un peu d’avance sur l’horaire convenu (initialement, mon transfert chez Alcatel-Lucent était prévu fin décembre). Cela a donné quelque chose d’approchant : « Philippe, bien bossé en Corée, j’ai besoin de toi au Japon, es-tu ok ? » (A.B. ne m’appelle pas "Philippe-san", certains de mes futurs collègues japonais, si).

Stupeur ! Super ! Le temps de vérifier que mon chef actuel de LG-Nortel est d’accord, et hop ! bonjour l’Empire du Soleil Levant. En avant les clichés, on verra dans un prochain article que nous ne connaissons rien au Japon, ni ne sommes jamais allés à Tokyo. Quatre jours (inoubliables) de tourisme l’an dernier à Kyoto, voilà pour le bagage culturel !

Tremblements !
De joie, d’abord. Tombée en plein été, la nouvelle se garde secrète quelque temps, le temps de vérifier avec les deux sociétés que le transfert s’effectuera proprement au premier octobre. OK.
D’espoir, ensuite. Rentrés de congés, les deux DRH, Delphine et moi organisons tranquillement les démarches en avance de phase, nous nous mettons d’accord sur la période de transition. En avance de phase… de l’approbation officielle d’une expatriation que rien ne devrait empêcher. Normalement… Attendons encore quelques jours que ce satané bout de papier soit signé par une « grande chef » aux Etats-Unis. L’accord actuel est que je commence à bosser le premier octobre au bureau de Tokyo, et que Delphine et les enfants me rejoignent aux vacances de la Toussaint.

Entre temps, nous avons eu l’occasion de fêter dignement « à la coréenne » mon départ de LG-Nortel et de la Corée. Pas moins de dix invitations professionnelles à des déjeuners, dîners de départ, tous plus ou moins arrosés. Le plus souvent en groupe, mais certains préfèrent l’intimité d’un tête-à-tête familial pour tisser des liens plus personnels et durables. Chaque groupe avec qui j’ai été en relation privilégiée durant ces deux années suscite une « farewell party » différente : mon équipe, mon client SKT, mon client KTF, mes patrons, les équipes de R&D, les expats de la société, etc.

Une pluie de cadeaux s’abat sur moi, notamment une formidable série de plaques d’appréciation, chacune avec des commentaires plus touchants et personnels les uns que les autres. Certains y ajoutent un cadeau de leur cru, une cravate, un CD… et même un stylo Mont-Blanc ! J’y vais de ma propre touche personnelle, et je concocte un florilège de 21 chansons françaises que je grave en moult exemplaires sur un CD accompagné d’un livret explicatif sur La Mano Negra, Souchon, Sanson, Bashung, Gainsbourg, Charlotte, La Grande Sophie, Arthur H., In Taberna et les autres (oui, In Taberna, le groupe de mon frangin Olivier, va devenir célèbre dans une quarantaine de foyers en Corée, la gloire assurée ;-) ).

Un grand plaisir & d’immenses souvenirs que ces trois dernières semaines passées à sélectionner ces musiques que j’aime, et parsemées de ces soirées dont seule la Corée a le secret. Voir les articles précédents, où déjà je bramais « One » de U2 dans un karaoké, comme lors de la « farewell party » numéro 7 de lundi dernier ! Stupeur et tremblements (d’effroi) dans l’assemblée !

Et bon anniversaire, Delphine ! Que ce "post" nous porte bonheur, et que notre Japon soit aussi beau que notre Corée l'a été.

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08 septembre, 2007

Métro, boulot, dodo (au bureau) – Expats en Corée depuis 563 jours

Métro, boulot, dodo (au bureau)

Où peut-on lire tranquillement en Corée ? Moi, je préfère feuilleter mon journal anglophone le « Korea Times » tout en sirotant un petit expresso au Coffee Bean d’en face… mais je suis pratiquement le seul dans ce café à consommer solitairement tout en lisant. On a lu que les Coréens lisaient peu. En tout cas, peu de livres, peu de romans. Ida Daussy a même dû abréger la traduction de son autobiographie « Ida au pays du matin calme » dans sa version coréenne. Mais les Coréens lisent beaucoup de journaux. A tout moment, et dans les endroits les plus insolites. Démonstration en trois étapes.

Bon, dans la rame de métro, plier son papier journal en seize pour ne pas éborgner ses voisins à l’heure de pointe, c’est un sport connu dans toutes les grandes métropoles. En Corée, on laisse soigneusement son journal une fois feuilleté sur les porte-bagages, afin qu’il profite aux passagers suivants. Après l’heure de pointe, des employés sont chargés de délester les porte-…journaux, et d’en faire de jolis tas (le vêtement de bure gris à gauche appartient à un moine bouddhiste, accessoirement lecteur de journal à ses heures).

Une fois sorti de la rame, lire dans la station de métro, c’est plus original. Les Parisiens et les Séoulites partagent la même frénésie à se ruer vers la sortie à l’heure de pointe. Néanmoins, une fois le rush passé, des ados et des retraités s’installent tranquillement dans de mini-médiathèques aménagées à cet effet, et où des livres et des journaux les attendent en libre-service. Havres de paix non surveillés. Eclairés au néon mais ouverts à tous. A dix mètres sous terre, mais sans graffiti ni dégradation d’aucune sorte. La Corée dans toute sa splendeur : pourquoi détruire le bien commun, puisque nous formons une nation solidaire. Si j’osais, je dirais que certains modes de pensée en Corée du Sud rappellent le… communisme. Non, c’est juste le confucianisme qui offre ses préceptes de partage du savoir et de recherche de l’harmonie générale.

Enfin arrivé au bureau, il est temps pour tout un chacun de bosser un peu. Oui, mais l’alcool de la veille au soir pas forcément complètement dissous, et le manque de sommeil – chronique depuis son enfance qu’il se tue à la tâche – imposent au Coréen une pause salutaire. Où se reposer un peu sans encourir les foudres de son chefaillon installé au bout de la rangée, l’œil sur les écrans et les profils de ses collaborateurs (comme dirait Sarko) ? Aux toilettes, pardi ! Vers dix heures du matin, sans mentir, il n’est pas rare que les cinq toilettes de mon étage restent obstinément closes durant un bon quart d’heure ! On peut y entendre les pages des journaux se tourner, les conversations téléphoniques sur les mobiles se poursuivre, et accessoirement la nature faire son œuvre. Un présentoir à journaux est d’ailleurs obligeamment placé à proximité des lieux d’aisance, preuve s’il en fallait que cette pratique est reconnue d’utilité publique par la Direction des RH.
(Rappel de ‘posts’ précédents : après chaque repas, on se brosse longuement et énergiquement les dents aux toilettes, tout en vaquant aux autres activités susnommées en même temps !)

Cas extrême : si la petite pause réparatrice du matin aux toilettes n’a pas suffi, on n’hésitera pas un instant à se taper un petit roupillon en réunion. Personne ne s’en offusquera : on dira quelque chose comme « que celui qui ne s’est jamais assoupi lui jette le premier oreiller » (traduction approximative du petit Confucius illustré).

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07 septembre, 2007

Superman ou Batman ? - Expats en Corée depuis 562 jours

Superman ou Batman ?


Nos amis Canadiens, Amélie et John, me racontent une blague dans le métro.
Eux : "Superman et Batman entrent dans le métro à Séoul. Qui est le premier à s'asseoir ?"
Moi : [....] Eux : "Aucun des deux. C'est une 'ajuma' qui est la première à s'asseoir".
Il semble que cette devinette soit un grand classique parmi les expats, qui égratigne amicalement nos amies les "dames d'un certain âge" en Corée. Il est vrai que, dans le métro bondé du vendredi soir à l'heure de pointe, nous venions de nous faire bousculer en règle par une gentille petite bonne femme qui se ruait sur une des places réservées aux personnes âgées, enceintes ou invalides, avant de s'assoupir quelques minutes plus tard comme en témoigne la photo.
Inutile de se speeder vu que la discipline confucianiste nous dictait, nous les jeunes valides au ventre plat, de rester debout serrés comme des sardines, surplombant les trois places vides réservées aux susnommés. Spectacle que le Parisien que je suis trouve toujours autant surréaliste, après deux ans passés à Séoul !!

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18 août, 2007

DMZ, Zone Militarisée – Expats en Corée depuis 542 jours

DMZ, Zone Militarisée

Dans deux, dix, vingt, cinquante ans, on repensera aux deux ans vécus en Corée du Sud… dans un pays qui n’existera plus. Ce sera simplement la Corée ! Aussi improbable, éloignée, incongrue, que la réunification puisse sembler aujourd’hui, il est certain qu’elle aura lieu un jour, et il est probable que nous connaîtrons la Corée réunifiée avant de quitter ce bas monde. Au regard de leur longue histoire courant sur plus de cinq mille ans (d’après les légendes coréennes), ces cinquante ou cent ans de séparation paraîtront a posteriori comme un artefact presqu’insignifiant. Mais les Sud-Coréens d’aujourd’hui accueillent cet inéluctable changement avec un mélange de soulagement et de crainte. Soulagement de pouvoir aller un jour honorer la tombe de leurs ancêtres (un pont que je visite aujourd’hui, Imjingak, est le point le plus proche de la Corée du Nord où les Sud-Coréens ont le droit d’aller faire des offrandes à distance à leurs ancêtres reposant au nord, c’est très émouvant). Crainte d’affronter le maelström économique qui s’ensuivra, à l’image de l’Allemagne qui a mis quinze ans à retrouver son équilibre au prix de lourds impôts pour les ex-Allemands de l’Ouest. Crainte avérée, car les experts annoncent une réunification coréenne quatre fois plus difficile économiquement que celle de l’Allemagne (deux fois plus d’écart de niveau de vie, deux fois moins de différence de population, en comparaison avec les deux Allemagnes).

Cette hydre à deux têtes née de la guerre froide entre l’URSS et les USA et gardée vivante par la folie d’une dynastie de dictateurs nord-coréens, cette cicatrice boursouflée en plein milieu de la péninsule (d’abord au niveau du 38ème parallèle nord avant la guerre de Corée, aujourd’hui le long de la ligne de cessez-le-feu de 1953), il est important de s’y colleter pendant qu’elle existe. Dès lors, il devient important de visiter cette fameuse DMZ, De-Militarized Zone en anglais, zone démilitarisée en français, au cœur de laquelle se trouve l’endroit où se déroulent encore aujourd’hui les négociations à six pays avec le régime de Kim Jong-Il, la fameuse JSA – Joint Security Area, pour Aire de Sécurité Commune, Panmunjom en coréen.

La première de nos deux guides coréennes a raison : la DMZ n’est pas une « De-Militarized Zone », c’est une Zone Militarisée, hautement militarisée ; la blague est terriblement efficace et réaliste. De fait, on passera une bonne partie de la journée à se faire contrôler et transbahuter de car civil en car militaire et inversement. Géographiquement, c’est une bande terre de deux kilomètres de largeur de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu, qui court sur 241 kilomètres d’ouest en est. Techniquement, les deux pays sont toujours en guerre, car le gouvernement sud-coréen n’était pas présent à la signature de l’accord de cessez-le-feu en 1953. Incroyable !

Les visites de la matinée sont assez tranquilles, c’est la DMZ ouverte à la visite des Sud-Coréens. On commence par Dorasan, dernière gare avant le nord, leur slogan marketing est qu’elle est en fait la première gare vers le nord. De là, à travers la Mandchourie, La Mongolie, La Russie, elle permettra de relier un jour Séoul et Busan à Paris, Londres ou Bruxelles par le train ! On continue par le troisième tunnel d’infiltration découvert par le Sud en 1978, alors que le Nord tentait de l’envahir en creusant à 73 mètres sous terre, dans le granit le plus dur, un boyau de moins de deux mètres de haut permettant de faire passer trente mille hommes en une heure ! Quand on se souvient que le bus a mis une heure pour rallier cet endroit sinistre depuis le centre de Séoul, on mesure la paranoïa qui a dû s’emparer des Sud-Coréens lors de la découverte de ce que préparait le Nord ! On descend en utilisant le tunnel d’interception que les Sud-Coréens ont creusé pour stopper l’avancée du Nord. Puis, on marche dans le boyau nord-coréen durant deux cents mètres (en restant bien sûr en Corée du Sud), et on est arrêté par trois énormes murs en béton, séparés les uns des autres par des champs de mines dissuasifs. Ambiance… On finit par le pont d’Imjingak mentionné plus haut, avec moult rubans et mouchoirs accrochés sous les barbelés comme autant d’hommages aux ancêtres enterrés au nord.

L’après-midi est plus sérieusement militarisé, à l’approche de la JSA-Panmunjom. Un sérieux « briefing » (en langage militaire) nous attend au camp intermédiaire, suivi d’une litanie de recommandations et interdictions diverses. Déjà, au moment de la réservation de cette journée, les obligations vestimentaires (pas trop court, pas trop cool, pas trop voyant, et j’en passe) frisaient le ridicule. Le plus étrange est qu’on aura malgré tout le droit de prendre des photos dans les endroits les plus sécurisés, donc les plus intéressants, mais seulement durant de courts instants répartis durant la visite. Dans la JSA, le plus impressionnant n’est pas la silhouette des bâtiments stalinistes ni celle des quelques soldats nord-coréens qui nous observent tranquillement à la jumelle, mais la position et l’attitude des soldats sud-coréens (qui font partie de la force déployée par les Nations-Unies). Ils sont stationnés à l’angle de chaque baraquement, un œil vers leurs collègues du nord, un œil caché derrière le bâtiment. Leur attitude est très martiale, poings serrés, muscles bandés, jambes écartées. Il s’agit semble-t-il d’une des positions d’attente au Taekwondo. Ajoutez des lunettes noires et un casque, et ça vous donne des soldats imposants et belliqueux. Nous avons même le droit de rentrer dans l’un des bâtiments de négociation qui sont les seules zones neutres, et de ce fait, nous faisons quelques pas « au Nord » en franchissant la ligne invisible qui coupe la table de réunion au milieu de la pièce. Quelques photos sont autorisées, mais pas de gestes en direction du Nord.

On nous narre certains des sérieux incidents survenus depuis trente ans dans la JSA, dont l’incident des arbres coupés au cours duquel des soldats ont été assassinés… Cela rappelle immanquablement l’excellent film sud-coréen « JSA » qu’il faut absolument voir (revoir, pour moi) pour avoir un autre angle de vue sur cette séparation idéologique et militaire de la Corée. Puis nous quittons la DMZ, cette zone hautement militarisée, et rentrons à Séoul. Un dernier pont de béton, chargé de dynamite, nous attend dans Séoul, le long de la Han ; il permettrait en cas d’invasion, de stopper ou de ralentir la progression des tanks sur cette autoroute qui mène au centre-ville. Paranoïa, quand tu nous tiens…

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