24 octobre, 2006

Un festival automnal, des festivals automnaux - Expats en Corée depuis 244 jours

Un festival automnal, des festivals automnaux

Le site internet de l'office du tourisme coréen – l’un des seuls en Corée avec une version en français s’il vous plaît – recense les festivals dans toute la Corée. Cela semble être le sport national à cette période de l’année : des festivals comme s’ils tombaient des arbres, des festivals de toutes les couleurs de l’automne. Depuis la biennale d’art contemporain de Gwangju et le célèbre festival international du film de Busan, jusqu’au confidentiel festival des mangeurs de kimchi de Hic-et-nunc-sur-Loir !

Profitant de l’automne paraît-il exceptionnellement doux et sec dont nous bénéficions depuis la rentrée des classes, nous avons profité du festival d’Anseong il y a quelques semaines. Ici, funambules sur corde raide et tourneurs d’assiettes rappellent le film « King and the clown », qui a fait un tabac en Corée (et dont je reparlerai bien un jour sur ce blog) ; ailleurs, nos enfants se font enrôler par des paysans pour mimer les travaux des champs à l’époque des récoltes : battre les épis ou moudre le grain ; ailleurs encore, des marionnettistes ou des spectacles de « nong-hak-dae » où les danseurs font tournoyer un long ruban attaché à leur chapeau. Une bien belle après-midi à une heure de Séoul en bus.
(voir le post sur Chuseok)

Le week-end dernier, autre festival, cette fois sur le thème du céladon, la céramique traditionnelle coréenne de couleur gris-vert très pâle. Les familles du lycée français de Séoul étaient invitées par la municipalité de Gangjin, à l’extrême sud-ouest de la péninsule. Les six longues heures de bus dans chaque sens ont permis aux enfants de bien s’amuser à l’arrière pendant que les parents devisaient, révisaient leur coréen ou se régalaient des séries coréennes sur la télé du bus. Notons également au passage les immenses stations autoroutières débordantes de stands de nourriture divers et variés.

Le festival lui-même n’était pas exceptionnel, un peu loin de tout, des stands installés sur du méchant béton ; néanmoins, les enfants ont pu fabriquer une mosaïque avec des rebuts de céramique, et ont joué au petit potier avec l’argile qui fait la renommée de cette région.


Le soir, un concert de musique jazz et pop se tenait dans un temple bouddhiste ! Pour l’occasion, de belles lumières léchaient les murs des pavillons en faisant ressortir le grain de la pierre et du bois ; pour l’occasion également, les moines étaient sagement assis à l’arrière et observaient mi-intéressés, mi-amusés, l’effervescence d’un soir qui envahissait leur domaine habituellement si serein.
Le lendemain matin avant de rentrer, nous nous sommes arrêtés à Boseong devant un doux paysage d’estampe, avec brume et pluie sur les champs de thé qui ondulent sur les collines.

PS : bienvenue à Naëlle et à Ulysse dans ce monde de toutes les couleurs de l’automne, et grosses bises à Saléha, Fab’s, Sévérine et Eric.

PPS : bonjour et merci à la municipalité d’Issy-les-Moulineaux qui a publié un petit entretien avec nous dans le dernier numéro de Point d’Appui et sur le site de la ville
http://issy.com/index.php/fr/international/actualites/recit_d_une_famille_isseenne_en_coree


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09 octobre, 2006

Les jours de pluie, ça n’existe pas (Chuseok à Jeju) - Expats en Corée depuis 229 jours !

Les jours de pluie, ça n’existe pas (Chuseok à Jeju)

Comme le chantait Véronique Sanson dans « Bahia », le temps semble bloqué sur beau fixe sur l’île de Jeju, où nous avons passé le long week-end de Chuseok. Bon, l’île est tout de même assez loin des clichés d’île « sub-tropicale » lus dans les guides, et encore plus loin de la comparaison valorisante avec Hawaï (ou tout du moins, ce que je m’imagine être Hawaï) : les épineux recouvrent la majeure partie de cette grande île volcanique de deux cents kilomètres de périmètre, les petits murets en pierre de lave ou la lande en altitude font plutôt penser à l’Irlande. En fait, toute comparaison est inutile, Jeju-do (l’île de Jeju) se défend bien toute seule. Un beau soleil, donc, durant ces quatre jours, nous a permis de profiter de ses plages de sable blond et de ses cratères boisés.

Comme nous avons travaillé nos leçons de coréen à Jeju, ce qui me semble être un bon résumé de notre séjour est ce que notre jeune prof de coréen, Eun-Sun, qui est originaire de Jeju, nous a demandé de préparer pour notre leçon de ce soir. Retranscrit en français, cela ressemble fort à la carte postale d’un enfant de huit ans en vacances chez ses grands-parents ! C’est dire le brillant niveau de notre coréen acquis au prix d’un labeur acharné (une heure trente de cours et une heure trente de révision hebdomadaires) lors de ces cinq derniers mois. Noter l’emploi du passé – imparfait ou passé composé, même combat en coréen – que nous venons d’apprendre il y a peu :

" Mercredi, nous sommes allés à Jeju " [pas question de mentionner le moyen de transport ; en l’occurrence, le mot avion, on connaît, mais pas la structure de phrase qui va avec].

"Jeudi, nous sommes allés au temple Sanbagsan. De plus, nous sommes aussi allés au parc Hallim [pour expliquer les deux longs tunnels de lave et le jardin de bonsaïs géants (si, si, ça existe !), on attendra la deuxième année de cours]. Pour dîner, nous avons mangé du poisson grillé à Seogwipo".


"Vendredi, il faisait beau. Nous avons fait une randonnée sur le mont Halla" [la randonnée étant une activité cruciale pour les Coréens, on nous a appris le mot très vite ; en revanche, les activités de plage étant restreintes à juillet et août, on n’a pas jugé bon nous apprendre le mot, tant pis pour la manière dont nous avons fini la douce après-midi du vendredi]
.


"Samedi, nous avons vu la montagne de Sangumburi [comment dit-on « large cratère boisé » ?]. Les enfants ont joué avec l’eau" [plage ? sable ? pique-nique ?]. Au dîner, nous avons mangé du « porc à cinq couches au barbecue » " [on connaissait le porc à trois couches à Séoul, celui de Jeju en a deux de plus nous a expliqué la serveuse].

"Dimanche, nous avons vu un village [comment dit-on folklorique ?]. De plus, nous avons vu la montagne « Sunrise peak ». De plus, nous avons aussi rencontré des amis, et nous avons dîné du poisson cru. C’était délicieux. "

Voici pour la carte postale de Jeju, avec ses approximations et ses raccourcis. Un raccourci de plus dû à la minceur de notre vocabulaire : on a bien aimé les petits bonshommes en pierre de lave à taille humaine postés au coin de chaque rue, avec leurs mains sur la bedaine, leurs gros yeux et leur nez épaté recouverts d’un chapeau rond. Cette figure tutélaire "Dolharubang" qui servait à protéger le village et à souhaiter la bienvenue aux visiteurs est devenue le symbole de Jeju, et chaque touriste en ramène un ou deux en format transportable ; mais vu qu’il a une bonne tête, ce petit lutin, nous n’avons pas hésité à faire de même.

Au fait, ça tombe bien de parler de nos leçons de coréen, puisqu’on fête aujourd’hui le cinq cent et quelquième anniversaire de la création de l’alphabet « hangeul ». Pour la peine, le gouvernement coréen va faire de cette journée de nouveau un jour férié national (l’an prochain ?), comme elle l’était avant 1990. C’est dire l’importance de leur alphabet pour les Coréens.

Note de Delph : Durant ces quelques jours, nous en avons appris un peu plus sur Chuseok.

C'est un jour de célébration des ancêtres. Toute la famille se rassemble, en principe chez le fils aîné. La belle fille doit préparer des dizaines de plats traditionnels qui seront offerts aux ancêtres. Les "traiteurs" pour plats traditionnels existent mais l'activité est marginale : ce serait déshonorant envers les ancêtres. De leur côté, les hommes visitent les tombes (des tumulus recouverts d'herbe) et leurs cousins.

Les hanboks (l'habit tradionnel) sont évidemment de rigueur et tout le monde s'offre des cadeaux : les gardiens de notre immeuble ont eu leurs étrennes... A ce sujet, les coréens sont dans la logique de l'utile. Les cadeaux les plus appréciés semblent être ceux qui se mangent. On pense toute de suite à une bonne bouteille, un assortiment n'est-ce pas ? Et bien ici on donne plutôt dans la boîte de conserve ! Du bien basique, mais en grande quantité : le grand classique, c'est le coffret de 12 boîtes de thon. On a vu des tas de coffrets de ce type en tête de gondole depuis notre retour de vacances. J'en connais deux qui ont eu de la chance de se marier avant car sinon ils n'y coupaient pas !

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04 octobre, 2006

Joyeux Chuseok ! Expats en Corée depuis 224 jours !

Joyeux Chuseok !
(Note de Delph)

C'est la semaine de Chuseok, le jour férié le plus important de Corée. Un peu en avance sur le calendrier, la mairie a organisé la semaine dernière une petite fête dans le quartier : la classe de Louise était conviée à confectionner des gâteaux à la pâte de riz et à essayer des jeux traditionnels coréens.

Des hanboks ont été prêtés aux volontaires, puis les enfants ont joué à la pâte à modeler avec la pâte de riz .... sous le feu nourri des flashes des photographes ! La presse avait été conviée et pour une fête de quartier traditionnelle, cela manquait un peu de spontanéité !


Ce week-end, nous avons poursuivi les festivités traditionnelles coréennes avec le festival d'Ansong (à un heure en bus de Séoul). Un programme varié avec en particulier des funambules de la troupe qui a participé au film
"The king and the clown".



Pour en savoir plus sur Chuseok :
http://french.tour2korea.com/03Sightseeing/TravelSpot/travelspot_read.asp?oid=3260&konum=1&kosm=m3_6

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05 mai, 2006

Bon anniversaire, petit bouddha de pierre - Expats en Corée depuis 72 jours !

Bon anniversaire, petit bouddha de pierre

Nous sommes à Gyongju, ancienne capitale du royaume de Shilla, petit royaume indépendant au premier millénaire, puis ancêtre de la Corée durant deux-trois siècles lorsqu’il unifie sous sa botte les « trois royaumes » de la péninsule. Beaucoup d’histoire, donc, dans cette ville de province. Le parc des tumulus royaux est couvert de buttes herbeuses, tombeaux des rois de Shilla, qui forment un paysage fantasmagorique.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Bouddha, nous allons au célèbre temple de Bulguksa. Lanternes foisonnantes, et grande cérémonie officielle pas très intéressante avec les dignitaires locaux laïcs et religieux, exceptée une chorale de jeunes Coréens à bérets blancs et chapeaux melons rouges du plus bel effet. Dans le quartier des antiquaires, nous dénichons un bouddha de pierre de cinquante centimètres et d’une vingtaine de kilos. Traits sereins et fins, pierre grise bicolore par endroits : il nous plaît, c’est notre cadeau d’anniversaire à notre petit bouddha de pierre que de l’emmener à Séoul. Demain déjà.


Note de Delph : Et voilà les photos.

Les serveuses du buffet VIP au temple Bulguksa
Détail d'une porte dans le temple
Deux chouettes portraits
Le soir, on a assisté à un spectacle de danse traditionnelle, cela a beaucoup plu à tout le monde !
Les tumuli (tombes d'anciens rois), protégés par l'Unesco, et allègrement piétinés par les touristes
Les notes de Louise sur un tumulus dont on pouvait visiter l'intérieur
Et une rizière pour finir, mais c'est tout de même beaucoup moins joli qu'à Bali (les petits veinards se reconnaîtront...)

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03 mai, 2006

My favourite dish is fish? Ah bon… Expats en Corée depuis 70 jours !

My favourite dish is fish? Ah bon…

…chantait Jacques Higelin à Mogador lors d’un concert gravé sur un triple vinyl il y a trop longtemps. Nous aussi, on commence à se demander si notre plat favori est le poisson.

De retour sur la mer de l’est, dans un hôtel improbable installé comme un énorme phare au bout d’un village de pêcheurs et au bord d’une petite plage anodine. Hôtel vide, basse saison, hormis les cars de collégiens, plein-vide voir plus haut. La patron arrive au bout de dix minutes, nous donne une bonne chambre à cinquante mille wons (45 euros), et passera la soirée à manger et boire avec des invités cravatés à la table à côté de la nôtre.

Quant à nous, poisson, donc, que ce soit notre plat favori… ou non. Assortiment de sashimi. Comme d’habitude accompagné par une variété de petits plats disposés dans des ramequins. Une variété qui impressionne la première fois, mais l’on se rend compte que les accompagnements deviennent eux aussi des classiques : le maïs au four servi sur son poëlon, le long maquereau grillé (seul poisson cuit du lot), le flanc de tofu, les germes de soja, le kimchi bien sûr, les algues de différentes sortes, les petits poulpes, les feuilles de laitue et de sésame pour entourer le poisson cru trempé dans la sauce brune aux cacahuètes ou dans la sauce soja et le wasabi, ils sont venus, ils sont tous là. I

Incroyable, mais vrai : demain soir à Gyongju, on dénombrera jusqu’à trente-huit (oui, 38) petits plats et ramequins différents sur notre table pour quatre personnes, dont deux enfants. Inutile de préciser que les serveuses « ajumas » jouent parfois aux équilibristes en entassant quelques assiettes. Mon bras allongé de mes baguettes n’est pas trop long si je veux goûter le contenu du 38ème ramequin placé en diagonale.
Delphine boit du soju pour la première fois ce soir ; le patron n’en est manifestement pas à sa première bouteille, lui. Et il a intérêt à ce que son plat favori soit le poisson !


Note de Delphine : en illustration le restaurant de Gyongju dans une maison traditionnelle (je prends la photo de l'extérieur, dans la cour).

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Vacances Y&Y, Burning down the house - Expats en Corée depuis 70 jours !

Vacances Y&Y, Burning down the house

Vacances Yin et Yang, mer-montagne, chaud-froid, vide-plein.
Quelle triste surprise lorsque nous arrivons à Nagsan-sa, l’un des plus beaux temples de Corée, et l’un des seuls construits au bord de la mer. Il a brûlé il y a un an, lors d’un feu de forêt qui a ravagé les collines environnantes plantées de pins. Le yin & yang se mêlent aux quatre éléments du drapeau coréen dans ce tableau triste et émouvant : un immense et splendide complexe religieux accroché entre terre et mer, dévasté par les flammes qui ont laissé parfois un pavillon debout, un portique en place (malheureusement pas la grosse cloche, paraît-il l’un des joyaux du lieu, ni le portique de l’entrée datant de 1453).

Visité un jour de grand vent, les quatre éléments du drapeau national sont bien là, ainsi que l’une des caractéristiques majeures du peuple coréen : la rapidité à faire face. « Vite » se dit « palli » ; « palli, palli » est une _expression familière à Séoul, au bureau ou dans un taxi. A Nagsan-sa également. Palli, palli, de nouveaux pins adultes sont transplantés pour recouvrir la colline du temple, ou bien les moins abîmés sont pansés de plastique pour recouvrer leur écorce au plus vite. Palli, palli, les ouvriers reconstruisent, qui le parking, qui un pavillon face à la mer, qui le bâtiment principal où un stupa se dresse encore fièrement.

Ils sont aidés dans leur tâche par un moine psalmodiant des mantras en rythme avec l’étrange percussion des bouddhistes coréens. Il est assis en tailleur devant le stupa, et devant un micro qui relaie son message via des enceintes dispersées sur l’immense site de Nagsan-sa.

Yin & Yang, c’est aussi vide et plein. Accepter le vide, se l’approprier doucement, c’est par exemple le cas dans notre hôtel vide d’hier.
Accepter le plein, le trop-plein, sans le rejeter, c’est ici se frotter à une foule compacte de centaines d’ados en goguette qui hurlent sur notre passage « HELLO ». Nous sommes Les Occidentaux, ces bêtes étranges qui ne comprennent que l’anglais, sur qui on peut donc tester – pour les plus téméraires – les quelques mots engrangés en cours : how are you, where are you from ? Encore mieux lorsque ces occidentaux ont des enfants blonds qu’on peut toucher ou mitrailler avec son téléphone mobile-appareil photo. La fière statue de la déesse de la compassion domine la mer, affronte le vent, et se moque des incendies. Des lycéens aussi.


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Vacances M&Ms. “tra Mare e Monti” - Expats en Corée depuis 70 jours !

Vacances M&Ms. “tra Mare e Monti”

Vacances Mer et Montagne (“tra Mare e Monti” me rappelle le nom d’un sentier corse). Deux chambres avec vue, de belles vues sur la mer de l’est (litige sur le nom de cette mer que la plupart des atlas identifient comme la mer du Japon, mais que les Coréens nomment la mer de l’est), puis sur les pics du Seoraksan. Retour sur la mer aujourd’hui, après un dernier aperçu du parc naturel : escalade d’un petit pic avec Louise, après qu’un télécabine nous a tous projetés à 800 cents mètres pour profiter d’une vue circulaire sur les montagnes environnantes qui culminent à 1700 mètres.

Note de Delph : Et aussi un temple et un Bouddha géant....

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02 mai, 2006

Va où le vent te mène, va - Expats en Corée depuis 69 jours !

Va où le vent te mène, va

En route, mauvaise troupe ! Nos premières vacances d’expatriés. Nous nous devions de visiter la Corée durant ces premières vacances, celles de Pâques pour l’école française : joli mois de mai, beau temps en perspective, montagnes aux pentes couvertes de fleurs dans les nombreux parcs naturels. Quelques heures de route (avec la même voiture que notre premier week-end de location) pour faire les deux cents trente kilomètres qui nous séparent de la côte nord-est. Les ralentissements sont fréquents, et les autoroutes sont limitées à 100km/h ; des caméras – heureusement toutes indiquées « police enforcement » – veillent et surveillent.

Nous commençons par les parcs naturels et plages du nord-est, pas très loin de la frontière nord-coréenne. Effectivement, la proximité avec la frontière se remarque dès que nous longeons la première plage à Gangneung : le littoral est bardé de barbelés, et les hôtels de mêlent aux casemates. Impressionnant ! Heureusement, la station balnéaire que nous avons choisie est tout à fait normale : l’hôtel donne sur la mer, la plage est longue et belle, les restos de poissons s’alignent dans la rue principale. Seul le sable jaune, ce brouillard polluant venu de Chine, vient dénaturer le paysage. Moi qui pensait qu’il ne sévissait qu’à Séoul, nous voilà servis pour ce premier jour de vacances.

Le lendemain matin, Louise offre un dessin de muguet à sa maman pour le premier mai, et nous voilà partis faire une rando dans notre premier parc naturel, Odaesan. Moins de monde heureusement que lors de notre première randonnée de week-end à Séoul. Sentier aménagé en beaucoup d’endroits avec des ponts en fer pour suivre le torrent au plus près. Un beau temple bouddhiste (faut que je vérifie si on dit bouddhiste ou bouddhique), encore un, repeint de frais, avec un magnifique cerisier en fleurs planté devant le bâtiment principal, et bien sûr des lanternes à foison. Ces touches de couleurs égayant les abords des temples nous manqueront après l’anniversaire de Bouddha (vendredi prochain). Une cascade et un bon pique-nique plus tard, nous voici revenus à la voiture après trois heures de marche.

Direction Seoraksan, parc naturel voisin, qui a la réputation d’être l’un des plus beaux de Corée. Nous chantons à tue-tête « elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline » sur une vieille cassette de Joe Dassin embarquée par Louise depuis Issy. Je me dis que ça ferait un bon titre pour le blog, mais la route défoncée grimpe abruptement : Soraksan est une vraie montagne, pas une colline, et la route doit être refaite. Tant pis pour Joe Dassin, et tant pis pour le détour que nous faisons pour rejoindre la station thermale d’Osaek au cœur du parc. Zaï, zaï, zaï, zaï !

Hôtel hors saison « à la Shining » déroulant ses longs couloirs presque vides, station thermale minuscule dont notre hôtel est le fleuron, peu de Coréens (ce ne sont pas les vacances scolaires pour eux), pas de touristes. Seuls tous les quatre dans le resto de spécialités de « champignons des pins ». On se dit qu’on dînera dans notre immense chambre-appartement demain soir. Il y a de la place : salon-kitchenette de 30m2, souris grise dans le placard comprise, deux chambres. Delphine remarque que la table basse du salon à côté des canapés est plus haute que la table pour manger (puisqu’on mange par terre assis sur des coussins) !

Ce matin, vent à décorner les antilopes (semblerait qu’une espèce habite ces montagnes) : ça a lavé le ciel d’azur du détestable sable jaune des deux derniers jours, mais ça a fait chuter la température espérée et annoncée pour ce mois de mai. La randonnée en sera accélérée. Elle est pourtant magnifique dans un décor d’estampe coréenne : nous sommes dominés par de grands pics sur les flancs desquels les pins ont pris racine comme ils ont pu, et nous longeons un torrent qui forme de beaux bassins d’eau verte et transparente sur fond de rochers marron clair. Nous écourtons malgré le paysage les désormais classiques incontournables de la rando coréenne : temple bouddhiste (une forêt de petits bouddhas dorés en extérieur), cascades et points d’eau potable avec louches en plastique rouges ou bleues à disposition (l’eau thermale est très légèrement gazéifiée), pique-nique en vitesse : ce satané vent nous transperce. Nous allons donc où le vent nous mène : nous réchauffer dans les bains de l’hôtel, avec bassins thermaux à 39°C. Haaa ! Ca va mieux !

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19 avril, 2006

Toute(s) toute(s) première(s) fois - Expats en Corée depuis 56 jours !

Toute(s) toute(s) première(s) fois

Le plein de super, et le plein de premières, ce week-end ! Avons loué une voiture pour notre premier week-end en famille hors de Séoul. Réservée à l’agence de voyages du bureau, on me donne les clés du véhicule sans payer, sans signer de contrat, sans pouvoir obtenir confirmation si je suis couvert tous risques en cas d’accident, et en m’avançant 20,000 won (18 euros) pour l’essence car le gars n’a pas eu le temps de faire le plein ! A l’amiable ! Avions réservé une voiture moyenne, recevons une grosse berline comme les affectionnent les Séoulites (une Sonata de Hyundai). Marque de statut social, la voiture est LE symbole de l’hyper-consommation coréenne. Peu importe les embouteillages monstres à Séoul, peu de deux-roues et une berline de moins de quatre mètres est im(dis)pensable.

Direction une grande île à soixante kilomètres à l’ouest de Séoul. Temple bouddhiste, pique-nique sur une plage riquiqui avec temps froid et marée basse. Le soleil nous réchauffe enfin l’après-midi lorsque nous prenons le ferry pour une plus petite île visiter un second temple bouddhiste. Montée de marches magnifique dans la nature avec les lanternes déjà installées pour l’anniversaire de Bouddha dans un mois. Bomunsa restera en mémoire. Les enfants se font offrir caresser la tête, offrir de menus cadeaux, de petites choses à manger presqu’à chaque fois qu’on croise un Coréen !


De retour dans le « petit village de pêcheurs » décrit dans le guide, nous testons notre premier resto en famille assis par terre. Même le menu en anglais est indéchiffrable et les prix paraissent exorbitants, on se dit que le poisson, c’est toujours cher. Demandons la même chose que la table à côté en désespoir de cause. Dix ramequins plus tard, monceau de poisson cru (de la perche d’après le menu en anglais ? de mer ?), feuilles de sésame, gingembre, poisson séché (maquereau), cornet d’algues croustillantes aux œufs de poisson, et comme d’hab’ pour finir, riz et soupe épicée. Joshua ne mangera plus rien le lendemain ! Et, en fait, le prix affiché, c’était pour deux, et ils n’ont pas fait payer les enfants : soixante euros à quatre, bon et pas cher !

Une copine de Delphine l’avait bien briefée : amène ton petit déj’ dans les hôtels coréens, sinon riz et kimchi au réveil ! Première nuit en famille dans un hôtel à la coréenne ; avons dormi doucement réchauffés par le « ondol », après avoir étendu quatre couettes-matelas à même le sol. Et petit déjeuné avec nos victuailles ramenées de la boulangerie « Paris-Croissant » de notre cher quartier français de Séoul !


Un beau soleil le lendemain matin, mais la température a chuté brutalement et un vent violent accentue la sensation de froid. Et hop ! un dolmen classé patrimoine mondial de l’Unesco plus tard, nous voici déjà de retour à Séoul en début d’après-midi. Allons admirer – enfin – les cerisiers fleuris de Namsan. Lorsqu’ils sont regroupés, cette voûte délicatement blanche soutenue par les noirs piliers des troncs a effectivement beaucoup d’allure. Et Philippe de mitrailler. Je lance aujourd’hui au bureau le concours de la plus belle photo de cerisier en fleurs, certains collègues en ont pris de nuit, nous verrons bien.

Finissons ce beau week-end de voiture à pester contre les embouteillages savamment évités jusqu’ici. Nous sommes dimanche, mais son supermarché favori est ouvert 24h/24 7j/7 : Delphine veut donc « juste faire quelques courses » … Les Coréens aussi ! Deux heures et deux cents euros plus tard, nous rentrons un peu claqués à la maison, mais contents de toutes nos toutes premières fois.

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