26 septembre, 2007

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée – Expats en Corée depuis 581 jours

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée

Stephanie, une connaissance bostonienne de Flickr à Séoul m’a redonné le goût des listes. Son site est dédié aux listes de 10 choses / 10 things :
http://10things.wordpress.com/. Thank you, Stephanie ! Accessoirement, elle tient un blog photographique sous Flickr sous le pseudo rigolo d’Elizabeth Taylor (tiré du nom d’un chien dans une série américaine, m’a-t-elle expliqué ; je croyais naïvement que c’était une actrice !) : http://www.flickr.com/photos/elizabethtaylor/.

Un an après mon abécédaire coréen, et à la veille de découvrir de nouveaux horizons (vol Séoul-Tokyo demain matin), voici donc ma liste de neuf ou dix choses que j’ai aimées durant mon séjour de deux ans en Corée. Ce ne seront pas uniquement des choses sur la Corée elle-même : quand on est expat, on continue à découvrir, à vivre, à apprécier d’autres choses que le pays d’accueil.

1 – Le Hangeul et l’écriture coréenne. Les petites syllabes bien rangées dans leurs petits carrés imaginaires. La logique parfaite de leur invention par le roi Sejong le Grand et son aréopage de savants il y a plus de cinq cents ans. Et nos efforts quasi-hebdomadaires pour associer à ses jolis petits dessins des mots et des phrases. Au bout de deux ans, entrecoupés de business trips, de vacances et de changement de professeur, nos cours de coréen ne nous ont pas permis de nous exprimer proprement, ni de comprendre mes collègues en réunion. Mais nos devoirs du dimanche après-midi, et notre gentille prof Eun-sun resteront en mémoire… sans doute plus longtemps que les quelques phrases que nous pouvons bâtir aujourd’hui dans la langue du roi Sejong. Voir la série de photos à ce sujet sur mon compte Flickr.

2 – Les temples bouddhistes. Logés en haut de raidillons qui étirent les mollets. Lovés dans la verdure d’une colline, d’une montagne, d’un site naturel souvent exceptionnel. Mon premier souvenir, depuis l’hôtel du CoEx : Bongeun-sa, situé juste à côté d’un centre commercial trépidant, mais niché dans un écrin de nature reposant. Nos premières lanternes sur l’île de GangHwa-do nous apprennent que l’anniversaire de Bouddha sera célébré dans moins d’un mois. Nos randonnées dans les montagnes de Bukhansan ou de Gwanaksan, de Seoraksan ou d’Odaesan, ont toujours pour objectif escarpé un de ces temples (celui de la photo est Seungga-sa dans le Bukhansan).

3 – Bon, la cantine du bureau n’était pas hautement gastronomique. Bon, les expats se dirigeaient un peu trop souvent vers le MacDo ou le KFC. Mais voilà qu’on découvre peu à peu quelques petits restos coréens juste à côté du bureau qui nous permettent de bien manger. Et rapidement avec ça. A la coréenne. A midi pile, c’est le rush ; à treize heures, on fait la vaisselle et on range. Parfois un samkyetang (soupe au poulet fourré au riz), ou simplement un dolsot bibimpap, un bon riz mélangé à des légumes et un œuf, servi dans un poêlon brûlant qui rend le riz croustillant. Mais dans notre boui-boui favori, mon assiette préférée était le Donggas Set (prononcer Seteu), une grande assiette avec des mandus délicieux, de la viande panée, du kimbap enrobé dans des algues craquantes, et une soupe de nouilles pour faire bon poids. Rassasié.

4 – La pause-café. En général juste après le petit resto du midi, au Coffee Bean du coin de la rue. « ‘Expresso double’ han ge jusseyo. Ne, yogi-o ». Quand je suis seul, un petit crochet par le kiosque à journaux sur la grande avenue pour savourer le Korea Times en même temps que le petit noir. J’ai mis un bout de temps à casser le rythme effréné de la journée de travail coréenne, en adoptant cette petite pause réparatrice avant que mes collègues français arrivent au bureau (décalage horaire oblige, vers seize heures l’été, dix-sept heures l’hiver, heure de Séoul). Ca a super bien marché, depuis que j’ai pris cette habitude.

5 – Ma Corée, en dehors de Séoul. Pour une fois, je la joue perso, car certains de mes bons souvenirs (égrenés le long des articles de ce blog) hors de Séoul se la jouaient entre collègues. On appelle cela pudiquement des « workshops », ateliers de travail en français. Un cocktail savamment dosé d’un zeste de travail dans un grand verre d’alcool, avec deux doigts de karaoké pour faire bonne mesure. Bien mélanger pour que le zeste de travail ne laisse pas un goût amer en bouche. Bains bouillonnants à Ichon, randonnée et sashimi sur le port dans la ville natale du PDG à Samcheonpo, ski à Vivaldi Park avec mon équipe, etc. Que des bons souvenirs ! En famille également, la Corée vaut le coup de se visiter. En voiture de loc ou en bus. Une semaine sur la côte Est, quatre jours sur l’île de Jeju, un week-end à Gangjin pour le festival de la céramique, etc. Que des bons souvenirs là encore !

6 – Les vacances pour découvrir l’Asie. Tant qu’à être à plus de dix mille kilomètres de nos pénates, autant en profiter pour butiner les pays voisins. Sur ce sujet aussi, tout a été dit dans ce blog au fur et à mesure de nos escapades. Mais quand on y repense, quel plaisir de découvrir ensemble le nord du Vietnam, Kyoto et les îles de la Thaïlande ! Quel plaisir d’emmener Delphine et les enfants dans des endroits que j’avais découverts au cours de mes pérégrinations professionnelles ; le chapelet s’égrène comme un rosaire bouddhiste : Hong-Kong, Pékin, Bangkok.

7 – La vie d’expat. Quand on sature un peu sur la Corée et les Coréens, souvent pour des raisons professionnelles, qu’il est bon de profiter un peu des avantages de la vie d’expat à Séoul ! De se reposer l’esprit dans notre jardin des quatre saisons, quand il y fait beau et doux au printemps et à l’automne. De se reposer les papilles dans un resto étranger à Itaewon ou ailleurs. Ah ! la tarte fine aux pommes et au caramel au beurre salé de La Cigale ! Ah ! la tomate-mozza et la pizza géante de Sortino’s ! Ah ! le brunch du dimanche au Grand Hyatt ! De déconnecter les neurones en apprenant la salsa au studio « You can dance » ou en écoutant de bonnes reprises pop-rock au JJ Mahoney’s.

8 – Les films et les meilleures séries du moment sur… l’ordinateur ! Incompatibilité franco-coréenne des standards télé & dévédé oblige, nous nous étions offert un ordi avec écran et son dignes de ce nom. Bien nous en a pris. Nos longues soirées d’hiver ont été bien remplies grâce à lui. Découverte de la cinématographie coréenne (ben oui, aller au ciné sans les sous-titres, c’est moins facile d’apprécier), dont Delphine a fait un palmarès accessible depuis la rubrique ‘cinéma coréen’ dans la marge. Mes préférés : JSA, ‘Old Boy’, ‘Printemps, été, automne, hiver, goligo bom’, et le film d’horreur marrant ‘The Host’ (‘Goemul’ en coréen) qui me revient en tête à chaque fois qu’on va se balader ou faire du vélo le long de la rivière Han. Côté séries américaines, on a attaqué avec ‘24’ et ‘Lost’, puis on s’est plongés avec délices dans 'Desperate Housewives', avant de tomber raides dingues d’ ‘Alias’.

9 – Les joies d’Internet et de Flickr ! Une sorte de maraboud’ficelle qui commence lorsqu’Internet permet magiquement de rester proche de ses proches : Skype nous propose de téléphoner à nos familles restées en France à un prix dérisoire, et on écoute France-Info à toute heure. Puis, l’auto-éducation de Delphine aux arcanes du html nous permet de nous épancher sur ce blog. D’Internet à la musique high-tech, il n’y a qu’un pas que je franchis en achetant un iPod à Hong-Kong, en téléchargeant deux mille morceaux de ma discothèque et en m’abonnant à des Podcasts musicaux (les Inrocks) ou infos (la revue de presse de France Inter). Puis voilà que je tombe accro à Flickr, un fabuleux site d’amateurs de photos. Et des photos, en Corée et en Asie, on en a fait ! Le compteur de mon nouveau Sony indique trois mille photos un an après son achat : de quoi en extraire une centaine pas trop moches à mettre sur Flickr. Le maraboud’ficelle de la high-tech reboucle ici avec la Corée, à travers les sorties photos qu’une communauté de ‘Flickrites’ organise depuis quelques mois dans Séoul. Ce sont tous de super photographes, voir comment accéder à leurs photos sur le site d’Eric/Sudoksa :
http://sudoksa.centerblog.net/2688079-Phil-et-Flickr. Merci, Eric!

10 – Mais la liste ne serait pas complète sans les soirées entre collègues ! En moyenne une fois par semaine lorsque je n’étais pas en déplacement à l’étranger, beaucoup plus pour les Coréens bien sûr. On s’habitue à cette atmosphère bon enfant, où l’objectif avoué des Coréens de se saouler le plus rapidement possible (pour faire tomber les faux-semblants et « parler vrai ») est en général atteint avant la fin du repas. Repas qui n’est que la première étape (il-cha) avant la deuxième (i-cha), voire plus si affinités. Les promotions ou les soirées de départ d’un collègue vers une autre société sont prétextes à des libations plus intenses : perruques rigolotes, bomb shots (petits verres de soju qui tombent en cascade dans des verres à bière, le tout à absorber cul sec), et toutes ces gentilles attentions à celui qui est promu ou qui nous quitte ! Voir l’un des ‘posts’ précédents pour lire à quelle sauce j’ai été mangé (bu ?) pour fêter dignement mon départ de Corée.

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08 septembre, 2007

Métro, boulot, dodo (au bureau) – Expats en Corée depuis 563 jours

Métro, boulot, dodo (au bureau)

Où peut-on lire tranquillement en Corée ? Moi, je préfère feuilleter mon journal anglophone le « Korea Times » tout en sirotant un petit expresso au Coffee Bean d’en face… mais je suis pratiquement le seul dans ce café à consommer solitairement tout en lisant. On a lu que les Coréens lisaient peu. En tout cas, peu de livres, peu de romans. Ida Daussy a même dû abréger la traduction de son autobiographie « Ida au pays du matin calme » dans sa version coréenne. Mais les Coréens lisent beaucoup de journaux. A tout moment, et dans les endroits les plus insolites. Démonstration en trois étapes.

Bon, dans la rame de métro, plier son papier journal en seize pour ne pas éborgner ses voisins à l’heure de pointe, c’est un sport connu dans toutes les grandes métropoles. En Corée, on laisse soigneusement son journal une fois feuilleté sur les porte-bagages, afin qu’il profite aux passagers suivants. Après l’heure de pointe, des employés sont chargés de délester les porte-…journaux, et d’en faire de jolis tas (le vêtement de bure gris à gauche appartient à un moine bouddhiste, accessoirement lecteur de journal à ses heures).

Une fois sorti de la rame, lire dans la station de métro, c’est plus original. Les Parisiens et les Séoulites partagent la même frénésie à se ruer vers la sortie à l’heure de pointe. Néanmoins, une fois le rush passé, des ados et des retraités s’installent tranquillement dans de mini-médiathèques aménagées à cet effet, et où des livres et des journaux les attendent en libre-service. Havres de paix non surveillés. Eclairés au néon mais ouverts à tous. A dix mètres sous terre, mais sans graffiti ni dégradation d’aucune sorte. La Corée dans toute sa splendeur : pourquoi détruire le bien commun, puisque nous formons une nation solidaire. Si j’osais, je dirais que certains modes de pensée en Corée du Sud rappellent le… communisme. Non, c’est juste le confucianisme qui offre ses préceptes de partage du savoir et de recherche de l’harmonie générale.

Enfin arrivé au bureau, il est temps pour tout un chacun de bosser un peu. Oui, mais l’alcool de la veille au soir pas forcément complètement dissous, et le manque de sommeil – chronique depuis son enfance qu’il se tue à la tâche – imposent au Coréen une pause salutaire. Où se reposer un peu sans encourir les foudres de son chefaillon installé au bout de la rangée, l’œil sur les écrans et les profils de ses collaborateurs (comme dirait Sarko) ? Aux toilettes, pardi ! Vers dix heures du matin, sans mentir, il n’est pas rare que les cinq toilettes de mon étage restent obstinément closes durant un bon quart d’heure ! On peut y entendre les pages des journaux se tourner, les conversations téléphoniques sur les mobiles se poursuivre, et accessoirement la nature faire son œuvre. Un présentoir à journaux est d’ailleurs obligeamment placé à proximité des lieux d’aisance, preuve s’il en fallait que cette pratique est reconnue d’utilité publique par la Direction des RH.
(Rappel de ‘posts’ précédents : après chaque repas, on se brosse longuement et énergiquement les dents aux toilettes, tout en vaquant aux autres activités susnommées en même temps !)

Cas extrême : si la petite pause réparatrice du matin aux toilettes n’a pas suffi, on n’hésitera pas un instant à se taper un petit roupillon en réunion. Personne ne s’en offusquera : on dira quelque chose comme « que celui qui ne s’est jamais assoupi lui jette le premier oreiller » (traduction approximative du petit Confucius illustré).

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07 septembre, 2007

Superman ou Batman ? - Expats en Corée depuis 562 jours

Superman ou Batman ?


Nos amis Canadiens, Amélie et John, me racontent une blague dans le métro.
Eux : "Superman et Batman entrent dans le métro à Séoul. Qui est le premier à s'asseoir ?"
Moi : [....] Eux : "Aucun des deux. C'est une 'ajuma' qui est la première à s'asseoir".
Il semble que cette devinette soit un grand classique parmi les expats, qui égratigne amicalement nos amies les "dames d'un certain âge" en Corée. Il est vrai que, dans le métro bondé du vendredi soir à l'heure de pointe, nous venions de nous faire bousculer en règle par une gentille petite bonne femme qui se ruait sur une des places réservées aux personnes âgées, enceintes ou invalides, avant de s'assoupir quelques minutes plus tard comme en témoigne la photo.
Inutile de se speeder vu que la discipline confucianiste nous dictait, nous les jeunes valides au ventre plat, de rester debout serrés comme des sardines, surplombant les trois places vides réservées aux susnommés. Spectacle que le Parisien que je suis trouve toujours autant surréaliste, après deux ans passés à Séoul !!

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18 août, 2007

DMZ, Zone Militarisée – Expats en Corée depuis 542 jours

DMZ, Zone Militarisée

Dans deux, dix, vingt, cinquante ans, on repensera aux deux ans vécus en Corée du Sud… dans un pays qui n’existera plus. Ce sera simplement la Corée ! Aussi improbable, éloignée, incongrue, que la réunification puisse sembler aujourd’hui, il est certain qu’elle aura lieu un jour, et il est probable que nous connaîtrons la Corée réunifiée avant de quitter ce bas monde. Au regard de leur longue histoire courant sur plus de cinq mille ans (d’après les légendes coréennes), ces cinquante ou cent ans de séparation paraîtront a posteriori comme un artefact presqu’insignifiant. Mais les Sud-Coréens d’aujourd’hui accueillent cet inéluctable changement avec un mélange de soulagement et de crainte. Soulagement de pouvoir aller un jour honorer la tombe de leurs ancêtres (un pont que je visite aujourd’hui, Imjingak, est le point le plus proche de la Corée du Nord où les Sud-Coréens ont le droit d’aller faire des offrandes à distance à leurs ancêtres reposant au nord, c’est très émouvant). Crainte d’affronter le maelström économique qui s’ensuivra, à l’image de l’Allemagne qui a mis quinze ans à retrouver son équilibre au prix de lourds impôts pour les ex-Allemands de l’Ouest. Crainte avérée, car les experts annoncent une réunification coréenne quatre fois plus difficile économiquement que celle de l’Allemagne (deux fois plus d’écart de niveau de vie, deux fois moins de différence de population, en comparaison avec les deux Allemagnes).

Cette hydre à deux têtes née de la guerre froide entre l’URSS et les USA et gardée vivante par la folie d’une dynastie de dictateurs nord-coréens, cette cicatrice boursouflée en plein milieu de la péninsule (d’abord au niveau du 38ème parallèle nord avant la guerre de Corée, aujourd’hui le long de la ligne de cessez-le-feu de 1953), il est important de s’y colleter pendant qu’elle existe. Dès lors, il devient important de visiter cette fameuse DMZ, De-Militarized Zone en anglais, zone démilitarisée en français, au cœur de laquelle se trouve l’endroit où se déroulent encore aujourd’hui les négociations à six pays avec le régime de Kim Jong-Il, la fameuse JSA – Joint Security Area, pour Aire de Sécurité Commune, Panmunjom en coréen.

La première de nos deux guides coréennes a raison : la DMZ n’est pas une « De-Militarized Zone », c’est une Zone Militarisée, hautement militarisée ; la blague est terriblement efficace et réaliste. De fait, on passera une bonne partie de la journée à se faire contrôler et transbahuter de car civil en car militaire et inversement. Géographiquement, c’est une bande terre de deux kilomètres de largeur de chaque côté de la ligne de cessez-le-feu, qui court sur 241 kilomètres d’ouest en est. Techniquement, les deux pays sont toujours en guerre, car le gouvernement sud-coréen n’était pas présent à la signature de l’accord de cessez-le-feu en 1953. Incroyable !

Les visites de la matinée sont assez tranquilles, c’est la DMZ ouverte à la visite des Sud-Coréens. On commence par Dorasan, dernière gare avant le nord, leur slogan marketing est qu’elle est en fait la première gare vers le nord. De là, à travers la Mandchourie, La Mongolie, La Russie, elle permettra de relier un jour Séoul et Busan à Paris, Londres ou Bruxelles par le train ! On continue par le troisième tunnel d’infiltration découvert par le Sud en 1978, alors que le Nord tentait de l’envahir en creusant à 73 mètres sous terre, dans le granit le plus dur, un boyau de moins de deux mètres de haut permettant de faire passer trente mille hommes en une heure ! Quand on se souvient que le bus a mis une heure pour rallier cet endroit sinistre depuis le centre de Séoul, on mesure la paranoïa qui a dû s’emparer des Sud-Coréens lors de la découverte de ce que préparait le Nord ! On descend en utilisant le tunnel d’interception que les Sud-Coréens ont creusé pour stopper l’avancée du Nord. Puis, on marche dans le boyau nord-coréen durant deux cents mètres (en restant bien sûr en Corée du Sud), et on est arrêté par trois énormes murs en béton, séparés les uns des autres par des champs de mines dissuasifs. Ambiance… On finit par le pont d’Imjingak mentionné plus haut, avec moult rubans et mouchoirs accrochés sous les barbelés comme autant d’hommages aux ancêtres enterrés au nord.

L’après-midi est plus sérieusement militarisé, à l’approche de la JSA-Panmunjom. Un sérieux « briefing » (en langage militaire) nous attend au camp intermédiaire, suivi d’une litanie de recommandations et interdictions diverses. Déjà, au moment de la réservation de cette journée, les obligations vestimentaires (pas trop court, pas trop cool, pas trop voyant, et j’en passe) frisaient le ridicule. Le plus étrange est qu’on aura malgré tout le droit de prendre des photos dans les endroits les plus sécurisés, donc les plus intéressants, mais seulement durant de courts instants répartis durant la visite. Dans la JSA, le plus impressionnant n’est pas la silhouette des bâtiments stalinistes ni celle des quelques soldats nord-coréens qui nous observent tranquillement à la jumelle, mais la position et l’attitude des soldats sud-coréens (qui font partie de la force déployée par les Nations-Unies). Ils sont stationnés à l’angle de chaque baraquement, un œil vers leurs collègues du nord, un œil caché derrière le bâtiment. Leur attitude est très martiale, poings serrés, muscles bandés, jambes écartées. Il s’agit semble-t-il d’une des positions d’attente au Taekwondo. Ajoutez des lunettes noires et un casque, et ça vous donne des soldats imposants et belliqueux. Nous avons même le droit de rentrer dans l’un des bâtiments de négociation qui sont les seules zones neutres, et de ce fait, nous faisons quelques pas « au Nord » en franchissant la ligne invisible qui coupe la table de réunion au milieu de la pièce. Quelques photos sont autorisées, mais pas de gestes en direction du Nord.

On nous narre certains des sérieux incidents survenus depuis trente ans dans la JSA, dont l’incident des arbres coupés au cours duquel des soldats ont été assassinés… Cela rappelle immanquablement l’excellent film sud-coréen « JSA » qu’il faut absolument voir (revoir, pour moi) pour avoir un autre angle de vue sur cette séparation idéologique et militaire de la Corée. Puis nous quittons la DMZ, cette zone hautement militarisée, et rentrons à Séoul. Un dernier pont de béton, chargé de dynamite, nous attend dans Séoul, le long de la Han ; il permettrait en cas d’invasion, de stopper ou de ralentir la progression des tanks sur cette autoroute qui mène au centre-ville. Paranoïa, quand tu nous tiens…

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17 août, 2007

Sortez couverts (ou pas) – Expats en Corée depuis 541 jours

Sortez couverts (ou pas)

Séoul, me revoilà ! En attendant que Delphine et les enfants me rejoignent vendredi prochain, je me pose quelques questions existentielles sur… l’existence des Coréens : par exemple, doivent-ils se couvrir ou pas pour sortir dans la rue ?


Il semble à première vue que tout Coréen qui se respecte doive sortir couvert. Tout couvert. Surtout les femmes. Surtout les « ajumas ». Surtout quand le soleil tape. Le paradoxe est le suivant : il y a beaucoup de soleil, donc je dois me protéger des rayons nocifs, mais il y a beaucoup de soleil, donc je vais avoir chaud si je me couvre. Les Occidentaux l’ont résolu en instaurant des canons de la beauté (actuels) qui aiment les peaux hâlées, et en ajoutant des couches de crème censés éloigner les mélanomes malins qui rôdent dans l’air et n’attendent qu’une peau vierge de crème pour sauter dessus. En Corée (en Asie du Nord, de manière générale), c’est l’inverse, semble-t-il : je fais une rando, ou mon jogging dominical, par 30°C à l’ombre et par un taux d’humidité insupportable de 80% ; donc, pour éviter que le moindre rayon assassin me carbonise sur place comme Vil Coyote quand Bip Bib laisse une bombe éclater dans ses mains, je mets un chapeau, un masque anti-pollution, des lunettes de soleil ET une très large visière, puis un tee-shirt à manches longues, et surtout j’enfile des gants pour parfaire ma panoplie.

Bon, mais alors, quid des jeunes Coréennes qui portent des mini-jupes ou des mini-shorts ? Plusieurs hypothèses s’offrent à notre sagacité : parfois, pour compenser la mini-jupe, elles peuvent porter de très longues chaussettes « mi-bas » bleu marine très seyantes avec la mini-jupe, mais je ne suis pas sûr que ce soit pour le soleil… Je pense plutôt qu’elles ne vivent que dans le métro ! Enfin, qu’elles passent du métro à leur bureau, et inversement, par l’un des labyrinthes de couloirs dont Séoul a le secret. On les remarque au fait qu’elles ne soient pas super à l’aise en mini-jupe : pour éviter les regards concupiscents lorsqu’elles montent les escaliers, elles placent leur sac à main, leur journal ou simplement leur main entre la mini-jupe et les suiveurs potentiellement voyeurs !

Pour compléter la réponse à cette brûlante question (quand le soleil brille !), il faut absolument lire l’excellent article et les photos ad hoc d’Agnès des « Clins d’œil de Séoul » :
"Le soleil, voilà l'ennemi". On y verra que, non content d’avoir eu le même mini-vélo orange (‘en natation synchronisée dans des piscines parallèles’, ajouterait Vincent Delerm), Agnès semble écrire en tandem sur ce sujet avec nous !

Prochaine question existentielle : où s’installer pour lire tranquillement à Séoul ? Amis sociologues du dimanche, bonsoir.

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15 juillet, 2007

Un avant-goût du "gut", important folklore material n°28 – Expats en Corée depuis 508 jours

Un avant-goût du "gut", important folklore material n°28


Voilà deux week-ends qu’on cherche à approcher un des mystères de la Corée, une sorte de non-dit un peu tabou que les initiés se refilent sous le manteau : les lieux de culte chamanes, les sanctuaires où se déroulent les cérémonies du "gut" (en coréen), bref la célébration des esprits tutélaires de la montagne, du fleuve, des éléments de la nature toute-puissante.
Samedi dernier, notre prof de coréen nous invite à la rejoindre au pied d’une des nombreuses montagnes toutes vertes qui se dressent en plein cœur de Séoul. Pas de chance : pas de cérémonies chamanes prévues cet après-midi là dans les deux sanctuaires visités. Juste des petites maisonnettes cloisonnées pour recevoir les personnes qui viennent parler aux prêtres chamanes, en contrebas de ce qui semble être un temple bouddhiste, mais avec une statue d’un esprit chamane à la place de Bouddha ! Le Lonely Planet précise que "de tout temps, bouddhisme et chamanisme ont cohabité pacifiquement en Corée". C’est bien le cas !


Le même Lonely Planet nous a depuis longtemps alléchés avec la « promenade à pied vers les sanctuaires chamanistes de l’Inwangsan ». Sauf qu’à notre dernière tentative, nous nous sommes retrouvés, suants et soufflants, sur la montagne d’à côté, loin des chamanes… (dans votre édition du Lonely, barrez le nom du temple de Bongwonsa de cette balade, il est très beau mais il n’est pas à cet endroit, c’est lui qui nous a enduit plein d’erreur !) A force d’opiniâtreté, grâce à un de mes contacts sous Flickr, Sae La Vie (merci!!), je trouve de belles photos et un descriptif plus précis de la fameuse balade chamane : http://www.flickr.com/photos/saesae/sets/72157600399738498/.


A la sortie n°2 de la station Dongnimmun, après une rue tortueuse (la première à gauche), et un improbable chemin qui serpente en plein chantier d’énormes tours « à la coréenne », je découvre effectivement un charmant petit ensemble de maisons traditionnelles et de temples bouddhistes imbriqués les uns dans les autres. Puis, en gravissant des marches, un minuscule sanctuaire apparaît, plus du tout bouddhiste pour le coup : le long d’un filet d’eau, un diseur de bonne aventure a installé un parasol hors d’âge, deux ajumas offrent des graines aux esprits de la montagne, mais les pigeons les picorent avant que les esprits s’ébrouent, et une prêtresse chamane déchire consciencieusement des tissus multicolores en psalmodiant. Je touche enfin là au mystère de ces croyances ancestrales, je suis certain que mes pieds foulent des rochers traversés de courants telluriques ! Je continue de gravir la montagne, je croise un autre lieu de prière planté devant deux superbes et énormes rochers aux formes fantasmatiques (Salvador Dali, dit Le Guide, oui, assez d’accord). Des marches taillées dans le roc contournent un pan de roche avec vue sur les « appateux » en contrebas, c’est très chouette.

Enfin, j’entends un tambour au loin. En me rapprochant, en pénétrant dans la forêt de pins, je trouve une femme assise en tailleur me tournant le dos sur une petite plate-forme de béton faisant face à la montagne. Absorbée dans sa lente percussion, elle ne s’arrêtera ni ne se retournera durant les dix minutes que je me repose en l’observant et en l’écoutant. Le temps s’arrête. Ce sanctuaire chamane, Guksadang, a été répertorié par le « ministère de la répertoriation » en tant que « Important Folklore Material n°28 ». Une belle récompense, ma foi !

Je ne sais toujours pas en quoi consiste le « gut », je n’ai pas assisté à des cérémonies d’exorcisme ou de bénédiction qui paraît-il peuvent durer six heures, mais j’en ai eu un bel avant-goût, au sein d’une nature protégée… en surplomb de la mégalopole bruissante.

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06 juillet, 2007

Viens, je t'emmène... à la piscine - Expats en Corée depuis 499 jours

Viens, je t'emmène... à la piscine
(Note de Delph)

J'ai profité aujourd'hui du soleil pour emmener les enfants au Ttukseom Resort, une des piscines découvertes qui fleurissent le long de la Han en juillet et août.

L'endroit était quasi vide (pas comme sur la photo qui est celle de l'office du touisme, désolée...) : de rares mamans habillées restent à l'ombre sous de grands auvents pendant que les enfants barbotent au son de la musique pop omniprésente. Les femmes qui osent le maillot portent souvent un une pièce kitsch avec jupette. La jupette fait aussi fureur chez les fillettes avec parfois le bonnet assorti (ah oui, le bonnet est obligatoire !).

Mais le plus drôle, ce sont les maîtres nageurs. Ils sont installés sur des chaises hautes, sous un parasol et le personnel féminin s'enduit en plus de crème solaire et se couvre les jambes d'une serviette. Ne vous méprenez pas : ils sont super efficaces et sifflent à tout va, pour un oubli de bonnet, lorsqu'un enfant s'approche trop de l'arrivée du toboggan ou lorsque que j'ai voulu emmener Joshua dans le bain "moyen", c'est à dire avec un mètre de profondeur !

Impossible de déjouer leur attention car ils sont nombreux et ils ne quittent jamais leur poste sauf pour une petite pause bien sûr.... Une pause à la coréenne qui concerne aussi les baigneurs : toutes les heures les bassins sont évacués à coups de sifflet pendant 10 minutes pour que les surveillants puissent faire pipi !
Les enfants ont d'abord paniqué pensant que la piscine fermait (à 15h !?) et puis nous en avons profité pour nous ravitailler aux incontournables stands qui vendent boissons, glaces et surtout des snacks chauds et épicés que seuls des Coréens peuvent avoir envie de manger à 16h en été !

Si vous êtes en Corée cet été : métro Ttukseom Resort, ligne 7, sortie 2, l'entrée est juste devant.

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30 juin, 2007

Viens, je t’emmène... voir une expo – Samedi 30 juin, expats en Corée depuis 493 jours

Viens, je t’emmène... voir une expo

Les Séoulites sont des gens cultivés. Les expos que nous allons voir sont rarement vides, malgré les prix exorbitants pratiqués par le Seoul Museum of Art, le Leeum ou le Seoul Art Center. Nous avons apprécié Pablo Picasso, Man Ray, Mark Rothko, Robert Indiana (ses inscriptions « LOVE » et ses chiffres géants), Niki de Saint-Phalle, Jean Dubuffet, et quelques autres ; plus récemment, le photographe anglais Martin Parr et les chefs d’œuvre du musée d’Orsay.

De la même manière qu’on conseille, pour que les enfants prennent plaisir à passer une après-midi au musée, de faire un détour par la cafétéria et par la boutique du musée, les expos coréennes contiennent presque toutes un passage obligé : la photo à la sortie de l’expo devant la reproduction d’une œuvre du maître. Une cimaise recouverte d’une photo agrandie fera office de décor, et la compagne se mettra en pos(e)ition devant son photographe personnel préféré.

Pour la dernière expo des chefs d’œuvre du musée d’Orsay, on aurait pu craindre de voir un Coréen se couper une oreille et se planter devant la « Chambre de Van Gogh à Arles », ou bien se recueillir pieusement, un béret entre les mains, devant « l’Angélus » de Jean-François Millet. Mais les commissaires de l’expo ont jugé plus malin d’attirer le chaland avec de belles photos du musée d’Orsay dans son ensemble, avec vue sur la Seine, vue sur Paris, et tout le toutim. Bien leur en a pris !

Par ailleurs, une petite mise en abîme ne leur fait pas peur (aux commissaires des expos) : Martin Parr avait pris une photo d’ajumas et d’ajoshis en 1991 posant au pied de l’Acropole d’Athènes, et en a fait une des photos les plus ironiques et tendres de sa série « Touristes ». Evidemment, c’est cette photo qui est reproduite à la sortie. Nikon a installé une imprimante professionnelle qui délivre, tenez-vous bien, une épreuve des visiteurs Coréens d’aujourd’hui se faisant shooter devant les Coréens d’hier capturés par l’objectif de Parr au moment où ils posaient pour leur guide de l’époque devant le Parthénon… Etourdissant !

A ce propos, nous n’en sommes pas certains, mais il semble que Martin Parr et ses exégètes aient toujours considéré le groupe de touristes asiatiques au premier plan comme des… Japonais. Plusieurs collègues et amis Coréens sont formels : en 1991 déjà, seules des ajumas bien coréennes pouvaient arborer de si belles permanentes bouclées lors de leur escapade grecque.

Dernière anecdote : je voulais rendre hommage à cette photo lors de mon récent voyage d’affaires à Athènes avec des délégations de mes clients SKT et KTF. Mais la température extérieure à Athènes de 38°C m’a un peu refroidi (!), et je les ai lâchement laissé aller se griller seuls sur les pierres blanches du Parthénon sans pouvoir immortaliser leur balade par une photo de groupe « à la Martin Parr ».

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20 mai, 2007

Des vagues de lanternes pour célébrer Bouddha - Expats en Corée depuis 452 jours

Des vagues de lanternes pour célébrer Bouddha

Nous sommes toujours attirés par Bouddha, dont c’est l’anniversaire jeudi prochain. Nous ne nous lassons pas de découvrir ce que les différents peuples bouddhistes rencontrés en Asie ont imaginé pour le prier, le célébrer, le remercier. Il y a un an, nous étions au sud de la péninsule dans le sanctuaire coréen le plus célèbre, Bulguksa ; cela nous avait fait louper un événement dans la capitale : le défilé des lanternes.


Nous y voici aujourd’hui, et c’est magnifique. Nous avons commencé par rendre une nouvelle visite au temple de Bongeunsa, oasis de tranquillité juste au nord du CoEx. Les moines y ont exposé les lanternes qui serviront pour le défilé du soir, et de sympathiques ajumas y répètent en chœur les gestes de leur chorégraphie. Puis, nous filons au « temple-maître » de Séoul, Jogyesa, non loin de l’artère principale de Jongno, où se tiendra le défilé ce soir. Jogyesa est paré de ses plus beaux atours, sous la forme de tonnelles de centaines de lanternes colorées.

Après un sympathique petit dîner coréen dans la très étroite et très pittoresque rue de Pimatgol, le défilé commence à passer devant nous.


Très enlevé, et tellement coloré : des dizaines de groupes, d’écoles bouddhiques représentant tel ou tel temple ou tel ou tel pays étranger ont décoré un char de grandes lanternes représentant le maître, des animaux ou des personnages de la vie quotidienne. Ou bien, les adeptes défilent simplement avec une lanterne suspendue : leur nombre et le rythme de leur pas les transforme en vagues de lanternes doucement éclairées de l’intérieur. De belles vagues de lanternes colorées en l’honneur du 2551ème anniversaire de Bouddha.


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26 avril, 2007

Prosternation, méditation, et deux questions - Expats en Corée depuis 428 jours !

Prosternation, méditation, et deux questions
(Note de Delph)
Me revoici au temple Bongeunsa pour une nouvelle sortie "fabrication de lanternes" avant l'anniversaire de Bouddha. Et oui un an déjà depuis mes bébés moines !

Cette année aussi, la sortie recèle des surprises : pas de lanternes au programme (cela doit être une tradition), mais une fabrication de fleurs en papier et surtout une cérémonie du thé et une méditation bouddhiste imprévue !

Nous avons à peine le temps de comprendre ce que l'on va nous faire faire que nous voilà en train de nous prosterner à la coréenne devant le moine qui va mener notre méditation. Ce salut très respectueux consiste à s'agenouiller la tête contre le sol et se relever en position debout trois fois de suite, en finissant par une petite courbette, mains jointes. Trois prosternations sont réservées au Bouddha ou aux personnes saintes alors que les personnes décédées ont droit à deux prosternations et les personnes vivantes, une seule. Les Coréens de toutes religions saluent ainsi leurs aînés par exemple lors de cérémonies importantes.

Puis la méditation commence : assis en tailleur, le dos bien droit, les yeux fermés, il s'agit de se détendre. Notre moine nous donne des instructions en anglais. Respirer d'abord, puis faire le vide dans notre esprit, et enfin se concentrer sur deux questions métaphysiques : Quel est mon besoin ? Et qui suis-je ?

Je m'en suis très bien sortie ... jusqu'aux questions... Là une grande lucidité a envahi mon esprit et il fut évident que mon besoin était d'allonger mes jambes engourdies par les fourmis !
Et encore, nous avons eu une version soft de 10 ou 15 minutes, pour débutants et avec coussins sous les fesses.

Ensuite, deux jeunes femmes en hanbok ont effectué pour nous une cérémonie du thé. Cette cérémonie constitue également une sorte de méditation. Les gestes doivent être extrèmement précis et on s'en rend mieux compte quand elles sont deux à les effectuer de façon rigoureusement identique. Nous avons testé du thé vert, mais également du thé au lotus, avec la grande fleur de lotus qui flottait dans la coupe qui avait servi à la préparation.
Je ne suis pas une folle de thé vert ou aux fleurs, en revanche les gâteaux de pâte de riz qui nous ont été servis en accompagnement étaient délicieux...

PS : la photo du moine n'est malheureusement pas de moi mais elle restitue bien l'ambiance...

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20 avril, 2007

Notre Corée est très hot ! Expats en Corée depuis 422 jours !

Notre Corée est très hot !
(note de Deph)

Commençons par du très soft :
A droite, un joli verre, réservé aux hommes sans doute, trouvé au marché de Namdaemun.
Ci-dessous, des bestioles au marché qu'on a baptisées "zizis de mer" (cela peut se manger cru, coupé en petits morceaux et trempé dans un sauce pimentée, le tout est un peu dur à mastiquer...) et une oeuvre d'art contemporain à Insadong qui nous a laissés... perplexes !











J'aime beaucoup les suivantes : les documents écrits en anglais, parfois en français, sont souvent truffés de fautes et le résultat est en général réjouissant.























Un peu plus chaud, cette splendide fontaine, photographiée dans un parc tout ce qu'il y a de plus familial !

Et si vous voulez allez un peu plus loin, il faut aller à Jeju pour visiter le parc "Loveland". Nous l'avons raté, mais d'autres bloggeurs l'ont photographié pour nous (éloignez les enfants de l'ordinateur pour éviter d'avoir à répondre à des questions embarrassantes) : http://gdimension.typepad.com/gdimension/2005/08/oh_my_god.html

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11 avril, 2007

Printemps, été, automne, hiver… et printemps - Expats en Corée depuis 413 jours !

Printemps, été, automne, hiver… et printemps

Tout change et rien ne change ! Comme dans le beau titre du beau film de Kim Ki-duk, nous revoici au printemps, prêt à regarder « notre Corée » d’un œil neuf, après un cycle complet des saisons. D’un œil neuf… et d’un visage neuf, ou tout du moins régénéré, après un soin et un massage facial spécial hommes, dans un institut de beauté du quartier français. Néanmoins, le massage du haut du dos est semble-t-il moins efficace que le traitement d’acuponcture suivi par Delphine.
Avoir attendu cinq saisons en Corée pour découvrir Kim Ki-duk est une jolie coïncidence. Son film, qui se passe entièrement sur un petit temple bouddhiste flottant sur un lac de montagne, entre en résonance avec ce que nous connaissons (un peu) de la Corée : la violence des sentiments humains équilibrée par la contemplation et la renonciation bouddhistes, la force de la nature et du cycle des saisons et le mystère des calligraphies, l’importance de l’éducation à travers l’initiation du jeune moine. Nous ne cessons de répéter « goligo bom » (« et puis, le printemps » ou « de nouveau le printemps ») désormais : cela roule en bouche joliment… et puis on n’arrive pas à se souvenir des noms des trois autres saisons ! Du même réalisateur, « Locataires », « maison vide » en coréen, nous a beaucoup plu aussi. Voir la liste de nos films coréens mise à jour régulièrement.

Rien ne change : on peut toujours prendre de belles photos de la floraison des cerisiers et des magnolias à Séoul à chaque retour du printemps. Ceux-ci poussent à quelques mètres de chez nous, et on ne les avait pas encore remarqués

Tout change : l’étau du boulot, un an après, se desserre un peu ; moins de pression psychologique en interne, processus de travail et équipe mis en place, bien meilleur moral que le dur printemps de l’an dernier.

Rien ne change : une balade au bord de la Han dans le décor du bon film d’horreur « The Host » nous fait découvrir deux vieux pêcheurs, leur tente pour abriter l’épuisette et le soju et leurs lignes tendues fichées dans le sol. Nous débarquons bientôt sur la petite île de Seonyudo, à deux pas de sa grande sœur Yeouido, ultra fréquentée en période de cerisiers en fleurs. Rien ne change : les Coréens adorent prendre des photos, se prendre en photo, se faire prendre en photo. De fausses japonaises posent devant les cerisiers, mais elles mettent le nœud de leur kimono à l’envers, deux jeunes femmes courent et sautent en collant noir comme Jules et Jim virant Yoon et Jin, des ajumas partagent un en-cas sur un terre-plein en béton.



Tout change : on détruit notre beau jardin ! La mairie de Seocho fait la chasse aux places de parking qui manquent cruellement dans notre voisinage. Ils ont donc imposé aux propriétaires de notre résidence de respecter le P.O.S. originel (ils avaient donc triché !), et donc de sacrifier notre belle butte plantée de pins et de bambous sur l’autel de la voiture-reine. Espérons que les travaux ne durent pas trop longtemps.


Rien ne change : dans les jardins publics et sur les terre-pleins le long des trottoirs, les ajumas spécialisées se sont remises à retourner les mottes une par une, après le long hiver qui a gelé au cœur plus d’un morceau de gazon.

Régénérer le gazon, régénérer le visage, régénérer l’œil du photographe. Me voici inscrit sur
www.flickr.com, une fabuleuse collection d’amateurs de photos qui partagent librement leurs inspirations, et à côté desquels je fais pâle figure.

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20 mars, 2007

Les étudiants sont lâchés ! Expats en Corée depuis 389 jours

Les étudiants sont lâchés !
(Note de Delph)

Farine, oeufs et autres substances plus alcoolisées ...
Le 8 février dernier, les étudiants se lâchaient à Séoul pour fêter leur réussite aux examens !
(Un grand merci à Christine pour la photo).


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10 mars, 2007

Les Thierry et Jean-Mimi du jeu video de plein air - Expats en Corée depuis 379 jours

Les Thierry et Jean-Mimi du jeu video de plein air

Soirée bien sympathique avec des Français arrivés récemment à Séoul. Bienvenue à Marie-Thérèse, Emilie, Ludovic, Joaquim, Franck et Benjamin (et amical salut à leurs parents toulousains de passage). Mais en cette très fraîche soirée de mars, le spectacle était dans la rue, à l’orée du gigantesque centre commercial du CoEx.

Sur une estrade, deux équipes de trois joueurs installés devant leur PC, et s’escrimant manifestement sur leur joystick ou leur clavier à animer leur avatar basketteur. Sur l’écran, la retransmission du match de basket virtuel qui fait rage entre les deux équipes ; cela ressemble à un match de la NBA. Devant l’estrade et l’écran, une centaine de fans applaudissent et encouragent comme en vrai, comme si l’enjeu dépassait le jeu, comme si l’équipe nationale affrontait effectivement une sélection universitaire américaine à quelques fuseaux horaires de là.

Un peu à l’écart, le clou du spectacle : devant une vraie caméra qui ne loupe aucune de leurs mimiques, deux authentiques commentateurs visionnent le match sur un moniteur placé devant eux ! Les Roland-Larqué du virtuel, les Couderc-Baladejo du joystick s’exaltent, s’époumonent, se trémoussent, bref font vivre comme des pros qu’ils sont les exploits des pixels qui s’agitent sur l’écran. Réalité, virtualité, la frontière importe peu du moment qu’on a l’ivresse du jeu.

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22 février, 2007

Jeux d’ici, jeux d’ailleurs, cochon qui s’en dédit – Expats en Corée depuis 365 jours !

Jeux d’ici, jeux d’ailleurs, cochon qui s’en dédit

Il y a un an jour pour jour, la famille s’ébrouait dans notre petit appartement presque vide d'Issy-les-Moules et nous partions avec armes et bagages à Roissy pour le début de la grande aventure familiale (le container était parti la veille avec les meubles). Un an déjà, ça a passé vite !
Depuis, Issy est resté là-bas, et Séoul et ses effluves d’ailleurs est devenu notre ici !

Jeux d’ici : pour le nouvel an lunaire (les Coréens ne disent pas ‘nouvel an chinois’) et le passage à l’année du cochon, nous nous sommes promenés à Namsamgol en plein cœur de Séoul où se trouve un village folklorique, bondé de monde à l’occasion du jour de l’an. Nous y avons même croisé le maire de Séoul. Des jeux traditionnels coréens se jouaient un peu partout. Une belle occasion d’essayer ou de regarder les Coréens s’essayer aux jeux suivants :

Le Tuho, jeu d’adresse où il faut envoyer de fines baguettes de bois dans une des trois embouchures de métal d’une sorte de multi-vase situé à quelques mètres. Plus dur que le basket !

Le Nolttuigi, la brave bascule de nos bacs à sable qui se joue ici debout et avec une botte de paille comme point d’appui. Le principe est le même : on envoie l’autre en l’air, mais comme on est debout, il semble que la compétition soit plus forte pour déséquilibrer l’adversaire… et pour la même raison, on ne peut plus surnommer l’engin un « tape-cul » mais plutôt un « saute-en-l'air ».

Le Yutnori, jeu de parcours sur plateau, mais où les dés sont remplacés par quatre baguettes de bois dont un côté comporte des inscriptions. Pas eu le temps de demander à mes collègues ce qui y est inscrit, ni les règles régissant l’avancement des pions sur le plateau. Les commentaires sont les bienvenus.

Et bien sûr le traditionnel cerf-volant, déjà pratiqué lors d’un festival en octobre, mais qui par jour de l’an venteux prend un peu l’utilité poétique des drapeaux de prière népalais ou tibétains : on peut y écrire un vœu qui sera porté par le zéphyr aux dieux qui veilleront à sa réalisation. Les cerfs-volants traditionnels sont fabriqués en bambou et en papier coréen ‘hanji’, mais le plastique coloré envahit tout, les traditions s’perdent moi j’vous dis !

Jeux d’ailleurs : hier soir, Delphine et moi avons essayé le curling, une espèce de pétanque sur glace dont raffolent les Canadiens. On s'est bien amusés avec des collègues canadiens et coréens ! Quelques Coréens s’entraînant visiblement tous les jours dans le seul stade de curling de Séoul ont été invités dans nos équipes de débutants, et malgré un froid polaire à vous filer des crampes aux arpions, les meilleurs d’entre nous ont rivalisé de glissades en fente avant. De là à apprendre que les fermiers du Saskatchewan passent leur hiver à laisser un palet de vingt kilos glisser de leurs doigts gourds pendant que leurs potes s’échinent à balayer la glace comme des épileptiques pour que la pierrade avec poignée atteigne le centre de la cible… C’est là qu’on se souvient avec émotion que certaines disciplines olympiques (anciennes, actuelles ou en démonstration) chéries par quelques pays provoquent l’amusement et la curiosité condescendante des autres nations. D’ici ou d’ailleurs, on y revient.
Prochaine étude sociolympique : le hockey sur gazon, le billard, le tir à la corde et bien sûr le fameux lancer de tronc d’épicéa en kilt (pour rester politiquement correct, on ne mentionnera pas ici le lancer de nain qui meublait nos conversations d’étudiants à Toulouse). Cochon qui s’en dédit !
Note de Delph :
Admirez d'abord la fente avant de Philippe qui est au lancer...
Comparez avec le lancer du capitaine (coréen et non canadien !) de notre équipe :
Et enfin le balayage... (Non on ne balaye pas pour laisser la patinoire aussi propre qu'on l'a trouvée, mais pour chauffer la glace et ainsi accélérer la course du palet)

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