26 septembre, 2007

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée – Expats en Corée depuis 581 jours

9 ou 10 choses que j’ai aimées en Corée

Stephanie, une connaissance bostonienne de Flickr à Séoul m’a redonné le goût des listes. Son site est dédié aux listes de 10 choses / 10 things :
http://10things.wordpress.com/. Thank you, Stephanie ! Accessoirement, elle tient un blog photographique sous Flickr sous le pseudo rigolo d’Elizabeth Taylor (tiré du nom d’un chien dans une série américaine, m’a-t-elle expliqué ; je croyais naïvement que c’était une actrice !) : http://www.flickr.com/photos/elizabethtaylor/.

Un an après mon abécédaire coréen, et à la veille de découvrir de nouveaux horizons (vol Séoul-Tokyo demain matin), voici donc ma liste de neuf ou dix choses que j’ai aimées durant mon séjour de deux ans en Corée. Ce ne seront pas uniquement des choses sur la Corée elle-même : quand on est expat, on continue à découvrir, à vivre, à apprécier d’autres choses que le pays d’accueil.

1 – Le Hangeul et l’écriture coréenne. Les petites syllabes bien rangées dans leurs petits carrés imaginaires. La logique parfaite de leur invention par le roi Sejong le Grand et son aréopage de savants il y a plus de cinq cents ans. Et nos efforts quasi-hebdomadaires pour associer à ses jolis petits dessins des mots et des phrases. Au bout de deux ans, entrecoupés de business trips, de vacances et de changement de professeur, nos cours de coréen ne nous ont pas permis de nous exprimer proprement, ni de comprendre mes collègues en réunion. Mais nos devoirs du dimanche après-midi, et notre gentille prof Eun-sun resteront en mémoire… sans doute plus longtemps que les quelques phrases que nous pouvons bâtir aujourd’hui dans la langue du roi Sejong. Voir la série de photos à ce sujet sur mon compte Flickr.

2 – Les temples bouddhistes. Logés en haut de raidillons qui étirent les mollets. Lovés dans la verdure d’une colline, d’une montagne, d’un site naturel souvent exceptionnel. Mon premier souvenir, depuis l’hôtel du CoEx : Bongeun-sa, situé juste à côté d’un centre commercial trépidant, mais niché dans un écrin de nature reposant. Nos premières lanternes sur l’île de GangHwa-do nous apprennent que l’anniversaire de Bouddha sera célébré dans moins d’un mois. Nos randonnées dans les montagnes de Bukhansan ou de Gwanaksan, de Seoraksan ou d’Odaesan, ont toujours pour objectif escarpé un de ces temples (celui de la photo est Seungga-sa dans le Bukhansan).

3 – Bon, la cantine du bureau n’était pas hautement gastronomique. Bon, les expats se dirigeaient un peu trop souvent vers le MacDo ou le KFC. Mais voilà qu’on découvre peu à peu quelques petits restos coréens juste à côté du bureau qui nous permettent de bien manger. Et rapidement avec ça. A la coréenne. A midi pile, c’est le rush ; à treize heures, on fait la vaisselle et on range. Parfois un samkyetang (soupe au poulet fourré au riz), ou simplement un dolsot bibimpap, un bon riz mélangé à des légumes et un œuf, servi dans un poêlon brûlant qui rend le riz croustillant. Mais dans notre boui-boui favori, mon assiette préférée était le Donggas Set (prononcer Seteu), une grande assiette avec des mandus délicieux, de la viande panée, du kimbap enrobé dans des algues craquantes, et une soupe de nouilles pour faire bon poids. Rassasié.

4 – La pause-café. En général juste après le petit resto du midi, au Coffee Bean du coin de la rue. « ‘Expresso double’ han ge jusseyo. Ne, yogi-o ». Quand je suis seul, un petit crochet par le kiosque à journaux sur la grande avenue pour savourer le Korea Times en même temps que le petit noir. J’ai mis un bout de temps à casser le rythme effréné de la journée de travail coréenne, en adoptant cette petite pause réparatrice avant que mes collègues français arrivent au bureau (décalage horaire oblige, vers seize heures l’été, dix-sept heures l’hiver, heure de Séoul). Ca a super bien marché, depuis que j’ai pris cette habitude.

5 – Ma Corée, en dehors de Séoul. Pour une fois, je la joue perso, car certains de mes bons souvenirs (égrenés le long des articles de ce blog) hors de Séoul se la jouaient entre collègues. On appelle cela pudiquement des « workshops », ateliers de travail en français. Un cocktail savamment dosé d’un zeste de travail dans un grand verre d’alcool, avec deux doigts de karaoké pour faire bonne mesure. Bien mélanger pour que le zeste de travail ne laisse pas un goût amer en bouche. Bains bouillonnants à Ichon, randonnée et sashimi sur le port dans la ville natale du PDG à Samcheonpo, ski à Vivaldi Park avec mon équipe, etc. Que des bons souvenirs ! En famille également, la Corée vaut le coup de se visiter. En voiture de loc ou en bus. Une semaine sur la côte Est, quatre jours sur l’île de Jeju, un week-end à Gangjin pour le festival de la céramique, etc. Que des bons souvenirs là encore !

6 – Les vacances pour découvrir l’Asie. Tant qu’à être à plus de dix mille kilomètres de nos pénates, autant en profiter pour butiner les pays voisins. Sur ce sujet aussi, tout a été dit dans ce blog au fur et à mesure de nos escapades. Mais quand on y repense, quel plaisir de découvrir ensemble le nord du Vietnam, Kyoto et les îles de la Thaïlande ! Quel plaisir d’emmener Delphine et les enfants dans des endroits que j’avais découverts au cours de mes pérégrinations professionnelles ; le chapelet s’égrène comme un rosaire bouddhiste : Hong-Kong, Pékin, Bangkok.

7 – La vie d’expat. Quand on sature un peu sur la Corée et les Coréens, souvent pour des raisons professionnelles, qu’il est bon de profiter un peu des avantages de la vie d’expat à Séoul ! De se reposer l’esprit dans notre jardin des quatre saisons, quand il y fait beau et doux au printemps et à l’automne. De se reposer les papilles dans un resto étranger à Itaewon ou ailleurs. Ah ! la tarte fine aux pommes et au caramel au beurre salé de La Cigale ! Ah ! la tomate-mozza et la pizza géante de Sortino’s ! Ah ! le brunch du dimanche au Grand Hyatt ! De déconnecter les neurones en apprenant la salsa au studio « You can dance » ou en écoutant de bonnes reprises pop-rock au JJ Mahoney’s.

8 – Les films et les meilleures séries du moment sur… l’ordinateur ! Incompatibilité franco-coréenne des standards télé & dévédé oblige, nous nous étions offert un ordi avec écran et son dignes de ce nom. Bien nous en a pris. Nos longues soirées d’hiver ont été bien remplies grâce à lui. Découverte de la cinématographie coréenne (ben oui, aller au ciné sans les sous-titres, c’est moins facile d’apprécier), dont Delphine a fait un palmarès accessible depuis la rubrique ‘cinéma coréen’ dans la marge. Mes préférés : JSA, ‘Old Boy’, ‘Printemps, été, automne, hiver, goligo bom’, et le film d’horreur marrant ‘The Host’ (‘Goemul’ en coréen) qui me revient en tête à chaque fois qu’on va se balader ou faire du vélo le long de la rivière Han. Côté séries américaines, on a attaqué avec ‘24’ et ‘Lost’, puis on s’est plongés avec délices dans 'Desperate Housewives', avant de tomber raides dingues d’ ‘Alias’.

9 – Les joies d’Internet et de Flickr ! Une sorte de maraboud’ficelle qui commence lorsqu’Internet permet magiquement de rester proche de ses proches : Skype nous propose de téléphoner à nos familles restées en France à un prix dérisoire, et on écoute France-Info à toute heure. Puis, l’auto-éducation de Delphine aux arcanes du html nous permet de nous épancher sur ce blog. D’Internet à la musique high-tech, il n’y a qu’un pas que je franchis en achetant un iPod à Hong-Kong, en téléchargeant deux mille morceaux de ma discothèque et en m’abonnant à des Podcasts musicaux (les Inrocks) ou infos (la revue de presse de France Inter). Puis voilà que je tombe accro à Flickr, un fabuleux site d’amateurs de photos. Et des photos, en Corée et en Asie, on en a fait ! Le compteur de mon nouveau Sony indique trois mille photos un an après son achat : de quoi en extraire une centaine pas trop moches à mettre sur Flickr. Le maraboud’ficelle de la high-tech reboucle ici avec la Corée, à travers les sorties photos qu’une communauté de ‘Flickrites’ organise depuis quelques mois dans Séoul. Ce sont tous de super photographes, voir comment accéder à leurs photos sur le site d’Eric/Sudoksa :
http://sudoksa.centerblog.net/2688079-Phil-et-Flickr. Merci, Eric!

10 – Mais la liste ne serait pas complète sans les soirées entre collègues ! En moyenne une fois par semaine lorsque je n’étais pas en déplacement à l’étranger, beaucoup plus pour les Coréens bien sûr. On s’habitue à cette atmosphère bon enfant, où l’objectif avoué des Coréens de se saouler le plus rapidement possible (pour faire tomber les faux-semblants et « parler vrai ») est en général atteint avant la fin du repas. Repas qui n’est que la première étape (il-cha) avant la deuxième (i-cha), voire plus si affinités. Les promotions ou les soirées de départ d’un collègue vers une autre société sont prétextes à des libations plus intenses : perruques rigolotes, bomb shots (petits verres de soju qui tombent en cascade dans des verres à bière, le tout à absorber cul sec), et toutes ces gentilles attentions à celui qui est promu ou qui nous quitte ! Voir l’un des ‘posts’ précédents pour lire à quelle sauce j’ai été mangé (bu ?) pour fêter dignement mon départ de Corée.

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17 août, 2007

Cinquante - Expats en Corée depuis 541 jours

Cinquante

Cinquante pays visités, pour le boulot ou pour le plaisir... Vingt ans de rencontres humaines, de visages et de sourires... Pas de frime ici, juste le plaisir de jeter un coup d'oeil dans le rétro après avoir découvert ce site Web, où on peut créer "notre" carte du monde de "nos" pays visités.
http://www.flickr.com/people/philpogg/

J'ai quitté la France pour la première fois autour de mes vingt ans, Louise et Joshua ont eu des occasions... un peu plus tôt !! Qu'ils en fassent ce qu'ils souhaitent avec, en espérant que cela leur ouvrira en peu les mirettes et que cela titillera un peu leurs neurones de la tolérance et de la curiosité !

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07 août, 2007

A Toulouse en rando, dans Paris à vélo, on dépasse les autos – Expats en Corée depuis 531 jours

A Toulouse en rando, dans Paris à vélo, on dépasse les autos

Petit tour des lieux et des êtres qui nous sont chers durant les vacances d’un expat, quoi de plus classique ? L’occasion d’échanger avec la famille et les amis, en ayant l’impression qu’on s’était quittés hier. L’occasion de voir les nouveau-nés, les musiciens (Louise en fera peut-être partie un jour…), les sourires oubliés, les fatigues et les maladies aussi… Pas notre style de nous étendre là-dessus. Parlons plutôt des lieux, qui par transparence font bien sûr apparaître les êtres qui y vivent, et font resurgir les émotions qu’on y a vécues.

Vesunna à Périgueux, tiens ! Un musée de grande classe, ouvert depuis 4-5 ans et dont on ignorait l’existence. Vesunna est l’ancien nom de Périgueux au temps gallo-romain, grand nœud commercial de la région. De mon temps, on l’appelait Vésone, quand j’étudiais au lycée Bertran-de-Born (BdB) et qu’on allait flâner dans le jardin public entourant la « tour de Vésone », là où se tient le musée aujourd’hui. Architecture par Jean Nouvel, s’il vous plaît (comme le Leeum Museum de Seoul que je viens de visiter de nouveau). Muséographie vivante et intéressante, déployant grandeur nature les vestiges d’une riche villa gallo-romaine, avec le plan de la villa reproduit intelligemment sur le magnifique plafond suspendu du musée !
http://www.vesunna.fr/

Ou bien, le tour de Toulouse à pied (pas une vraie rando, c’était juste pour la rime !). Chercher les ombres d’une chaude journée d’été, capturer au vol les textures de la brique rose, de la place Saint-Georges à la basilique Saint-Sernin, en passant par le quartier Saint-Etienne et les bords de Garonne… Comment ne pas se prendre pour ce bon vieux Claude lorsque « voici le Capitole, j’y arrête mes pas »… ?
Puis goûter un bon foie gras entre amis en terrasse à dix heures du soir dans le quartier Saint-Aubin… et encore un autre le lendemain au bord de la Dordogne à Bergerac, accompagné d’un verre de Monbazillac. On deviendrait lyrique pour moins que ça !

Ou enfin, se balader le long de la Seine, une fois de retour de Périgueux, de Toulouse et du Maroc, en ce mardi d’été parisien, la veille de l’avion pour Séoul. Se balader, oui, mais pas n’importe comment ! Hop, en vélo, s’il vous plaît ! Ou plus exactement en « Vélib » (avec un peu de chance, il doit même falloir rajouter © ou ® à côté pour faire joli !). Belle invention que ce service de location de vélos quasi-gratuit partout dans la capitale. Quasi-gratuit si on respecte la règle de rendre le vélo en un autre des cinq cents points de stationnement avant trente minutes (sinon, un euro la deuxième demi-heure, puis deux euros, etc). Une demi-heure de nonchalant bonheur en roue libre, le nez au vent, la sourire béat du parisien redécouvrant sa capitale, les quadriceps se reposant à chacun des nombreux feux rouges (quand on évite soigneusement la rue Saint-Jacques, sans parler de Montmartre !).
C’est bien sûr en retrouvant cette liberté de nos jeunes années qu’on se prend à chanter du Joe Dassin (même époque que notre mini-vélo orange) à tue-tête devant les touristes médusés « Dans Paris à vélo, on dépasse les autos. A vélo dans Paris, on dépasse les taxis » !
Trois demi-heures dans la journée, pour passer de la rue de Rennes à la place Dauphine puis au Pont-Neuf (et aller manger sous la coupole du resto Kong designé par Starck), puis pour longer Paris-Plage, l’île Saint-Louis, le Quartier Latin et déboucher sur la place Saint-Sulpice, et enfin pour regagner mes pénates isséennes depuis la rue de Rennes jusqu’à la porte de Versailles sous un ciel se couvrant de nuages d’orages.
http://www.velib.paris.fr/

PS : lu dans le "Korea Times" du 14 août 2007. Devant le succès remporté par Velib' Paris, Séoul veut s'y mettre. Ils visent 200 points d'attache pour les vélos, mais ils admettent avoir un petit souci : il n'y a pas (ou peu) de pistes cyclables dans les rues de Séoul ! Quand on sait que les conducteurs Séoulites sont encore plus inattentifs que les Parisiens à tout ce qui est piéton, cycliste ou motocycliste (si, c'est possible), ça laisse songeur... Néanmoins, il y a une super piste cyclable qui court sur 30 kilomètres sur chaque rive de la Han. J'y roule parfois avec un collègue, c'est super (exceptés les moucherons à digérer, quand on parle en roulant). Le spectacle des Séoulites roulant, courant, faisant de l'exercice, se reposant le long de ces rives mériteraient un article entier. Ce sera pour une prochaine fois.

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Un cadeau touchant, « Poem on River Seine » – Expats en Corée depuis 531 jours

Un cadeau touchant, « Poem on River Seine »

Avant de partir en vacances en France (et au Maroc), un collègue Coréen m’a rappelé la chance que j’avais de retourner en France, et plus particulièrement à Paris. Une phrase souvent entendue quand on travaille à l’étranger, la ville-lumière suscitant toujours un désir, une envie, ou une nostalgie pour ceux qui la connaissent déjà. Oui, ce collègue-là était déjà allé à Paris. Il en était revenu si impressionné… qu’il m’a fait un cadeau inattendu et très touchant. Il m’a laissé lire un poème qu’il avait écrit sur la Seine. Enfin, plutôt, comme le poème est en coréen, il me l’a laissé faire traduire par ma prof de coréen.
Voici le résultat. J’y pensais en nous baladant aujourd’hui le long des bouquinistes avec Delphine en ce beau jour d’été (le seul, semble-t-il, de ce début d’août pourri au nord de la Loire !), en regardant les bateaux-mouches passant sous les vieux ponts, en cherchant au loin la silhouette de la « dame de fer » qui électrise les touristes comme les Parisiens les plus blasés.
En coréen :

세느강

어둠이 내리는 세느강
주흥빛 옷으로 갈아입은 에펠탑이 축제 시작을 알리고
노틀담 성당은 천년을 하루같은 마음으로 등불을 밝힌다.

사연을 가득 실은 유람선은 주인공이 되고
곱게 단장한 미라보 다리는 두 손을 높이 들고
축제의 절정을 알린다.

밤이 깊어 갈수록 아름다운 세느강은
사람들이 쏟아놓은 갖가지 사연들을 넓은 가슴에 안고
꿈의 나라를 향해 힘차게 물살을 가른다.

Ce qui donne à peu-près cela, à partir de la traduction en anglais de ma prof, dans mon français très peu poétique (les commentaires franco-coréens sont les bienvenus) :

La Seine

Le soir tombe sur la Seine.
La Tour Eiffel habillée d’écarlate raconte les prémices d’un festival.
Notre-Dame se drape de lumière, et c’est comme si mille ans n’avaient pas duré plus d’une journée.
Le bateau-mouche empli d’histoires intimes devient l’acteur principal,
Le pont Mirabeau s’est fait une beauté,
Et pointe deux mains tendues vers le point d’orgue de ce carnaval.
La Seine, de plus en plus belle à la nuit tombée,
Fend les vagues et vogue vers le pays des rêves, emportant les secrets de chacun en son sein.



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29 juillet, 2007

Il fait dimanche à Marrakech – Expats en Corée depuis 522 jours

Il fait dimanche à Marrakech


Comme le chante Henri Salvador, il fait toujours dimanche à Marrakech. D’ailleurs, nous y atterrissons un dimanche, en plein cœur de l’été marocain. "Il fait 45 degrés à Marrakech", aurait pu chanter l'ami Henri ; moins poétique, beaucoup plus réaliste ! On sent encore comme une chape de plomb sur les épaules à huit heures du soir pour aller déguster un tagine kefta brûlant sur le trottoir où un petit snack a éparpillé quelques tables.


Pas complètement suicidaires, Marrakech n’était qu’une étape vers la montagne. « Là-haut sur le Toubkal », il est censé faire un peu plus frais. Pas tout à fait sur le Toubkal, car il culmine à plus de quatre mille mètres, et nous sommes là pour faire un petit trek avec les enfants. Il se déroulera dans les vallées qui s’ouvrent depuis le Toubkal, sous un soleil plus chaud que la moyenne, malgré l’altitude (bivouacs et gîtes aux alentours de 1800 mètres, cols entre 2200 et 2500 mètres). Le troisième jour est le plus long et le plus chaud, et malgré crème, chapeau et tente mess pour déjeuner et faire la sieste, deux des cinq enfants souffrent d’un coup de chaleur le soir au bivouac, dont Louise qui passera une bien mauvaise nuit. Une famille de cinq nous accompagne, Jacqueline et Dominique et leurs enfants, Margaux, Pierre et Juliette. Louise et Joshua apprennent des jeux de carte aux noms rigolos et délicieusement grossiers. Durant le trek, les enfants se partagent deux mules, le temps passé sur les mules étant en gros inversement proportionnel à l’âge de l’enfant multiplié par le coefficient de jalousie entre frangins !


Pendant ce temps, les parents discutent entre eux ou avec les Marocains rencontrés dans les villages (ci-dessus un habitant d’Imsker ayant vécu à Lille durant quarante-deux ans), ou bien font des paris aux enjeux énormes : Dominique perd gros en inventant des types d’oliviers différents en fonction de la couleur de l’olive. Wikipedia sera le juge de paix lorsque l’on retrouvera l’accès à Internet. L'encyclopédie en ligne est alors formelle : « Rappelons que les olives sont d'abord vertes, puis deviennent noires en mûrissant sur les arbres. Il n'existe donc pas de variétés d'olivier à olives exclusivement vertes et d'autres à olives exclusivement noires. ». Dont acte. Et dirhams à la clé !

De retour à Marrakech le samedi suivant, nous visitons le splendide jardin Majorelle, où Delphine réussit un trompe-l’œil photographique qui laisse Dominique et moi béats et admiratifs. Un détour par les souks, la place Jamaa-El-Fna, deux excellents restaurants (Dar Mima et Dar Zellij) dont l’un nous laissera pourtant une tourista d’anthologie en souvenir, des cornes de gazelle à la fameuse pâtisserie Al Jawda, et voilà la boucle bouclée : il fait dimanche à Marrakech, et nous reprenons l’avion pour Paris.

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29 mai, 2007

Pékin : bravitude et centipede - Expats en Corée depuis 461 jours

Pékin – Bravitude et Centipede

« Quand on est en Chine, on marche à petits pas », fredonne Joshua. Nous, on préfère avaler les kilomètres pour profiter au maximum de nos quelques jours dans la capitale. Rappelons-nous de quelques impressions glanées au cours de nos pékinisations.

Le logo J.O. de Pékin en 2008 se regarde attentivement, nous explique-t-on : le bonhomme blanc est inspirée du caractère chinois « capitale » qui orne les plaques des voitures de Beijing, la capitale du nord. Il est imprimé sur fond rouge comme on le ferait avec un sceau impérial. Enfin, le tracé de l’inscription « Beijing 2008 » s’inspire de l’art de la calligraphie, adapté aux signes d’écriture occidentaux.




En parlant de calligraphie, un vieil homme se penche dans le lac Beihai pour recueillir un peu d’eau sur son grand pinceau en mousse. Il l’essore un peu, et trace de magnifiques caractères, d’un seul geste, sur le ciment de la berge. L’impermanence de son art ne le dérange pas, bien au contraire. Leur évaporation semble être la participation du vieil homme au grand tout. Des passants Chinois s’arrêtent pour admirer, comme nous.





Lourde pollution pour la visite de la Cité Interdite : un voile blanc opaque, silencieux, pesant, enveloppe la capitale. Oui, nous vérifions empiriquement que la pollution par le vent jaune en Corée vient de Chine ; mes collègues me diront que Séoul subira la même pollution deux jours plus tard. Heureusement, un fort vent balaye Pékin le soir, et les trois autres jours virent au grand bleu.






A l’assaut de la Grande Muraille, allons conquérir la bravitude !
Plusieurs options sur le site de Mutianyu, qui déroule trois kilomètres de grande muraille restaurée pour les touristes dans un site grandiose de hautes collines arborées : un téléphérique à ma gauche, un télésiège à ma droite, des volées de marche en face de nous ; bref, la bravitude à portée de tous ! En vue de nos randos au Maroc cet été, nous choisissons les marches… avant de se laisser redescendre en luge d’été, à la grande joie de toute la famille. Entre les deux, les merlons succèdent aux créneaux, il fait beau, il y a peu de touristes, Joshua court sur la muraille, la beauté du site s’imprime dans la mémoire collective.

Hôtel design : nous ne nous lassons pas de nous extasier sur la déco intérieure de l’hôtel Kapok, à deux pas de Tienanmen et de la Cité Interdite : les chambres sont tout en verre transparent, et partagent un patio intérieur avec leur voisine. De grands fauteuils se dispersent dans le bar et le salon de lecture, où de petites marches donnent accès aux différents étages de la bibliothèque éclairée par l’arrière.

Les Hutongs, ces vieux quartiers de Pékin en sursis de démolition par la modernité galopante, nous offrent une belle journée : ses rickshaws, ses anciens palais princiers frais laqués de rouge éclatant, ses squares sereins donnant sur le lac Houhai où les Pékinois écoutent un joueur de flûte en faisant leurs exercices matinaux, ses boui-bouis musulmans où nous croquons une quinzaine de brochettes de mouton épicées. Bref, la sérénitude à la portée de tous !

De bons restos à Pékin : deux spécialisés dans le canard pékinois avec son cortège de galettes, de sauce brune, de peau croustillante et de chair savoureuse ; puis, un très bon boui-boui du Yunnan où paraît-il Zhang Yimou et Gong Li avaient leurs habitudes (revu dans l’avion son très esthétique « Hero », qui raconte à la mode kung-fu les tentatives d’assassinat contre l’empereur Qin, celui qui unifia la Chine au IIIème siècle avant J.C.).



Un spectacle d’acrobates kitsch que les enfants ont beaucoup aimé.

Le temple des lamas, dédié au bouddhisme tibétain avec beaucoup d’encens, un Bouddha de dix-huit mètres et des « lampes à cravates » comme les appellent Delphine, mais où les fidèles ne retirent pas leurs chaussures avant d’entrer dans les pavillons pour prier.





Centipede
disent les anglophones. Nous, Français, avons la folie des grandeurs, nous en avons compté mille, de pattes. En tout cas, Joshua mange quelques centimètres de ce centipede / mille-pattes grillé qu’il a réclamé, tout fiérot, en passant devant l’étal d’un marchand de rue… alors, bravement, toute la famille le suit et en grignote un bout croquant et salé sur la brochette.

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13 mai, 2007

Voyage au (bout du) Vietnam - Expats en Corée depuis 445 jours

Voyage au (bout du) Vietnam

Hmmm ! Un voyage comme on les aime. Un nouveau pays pour nous quatre, à découvrir à notre rythme, sans courir d’un bout à l’autre, en se disant que de toutes façons on y retournera bien un jour. Des gens comme on les aime, ouverts, accueillants, souriants. Bien que certaines ethnies des montagnes du nord-ouest se montrent trop pressants pour nous vendre leurs colifichets (les H’mongs noirs), les autres nous sourient tranquillement.


Six jours aux alentours de Sapa, de Lao Cai et de Bac Ha, avec un aller-retour dans un train de nuit pas comme les autres, le Victoria Express, puis des balades à flancs de rizières à la rencontre de ces fameuses minorités du nord-ouest. Leurs noms sont déjà un appel à la découverte et à la curiosité : un petit thé chez les Dzaos Rouges, un alcool de maïs bien corsé chez un grand-père H’mong Fleuri, et deux nuits passées avec eux, sur quatre matelas-moustiquaires dans leurs mezzanines, chez les Giays puis chez les Tays. Et toutes ces ethnies se retrouvent joyeusement le dimanche au grand marché de Bac Ha !

De retour à Hanoi, belle journée de découverte et de partage avec deux collègues Coréens qui nous ont donné rendez-vous là. Comme ils sont « chefs » ici, ils nous prêtent leur chauffeur pour le reste de la journée. Après un cocktail au splendide Sofitel Métropole, un spectacle de marionnettes sur l’eau nous ravit tous les quatre. Le lendemain, c'est ce que nous avons appelé notre « journée Plan »… et que nous attendions depuis quatre ans, depuis que l’épidémie de SRAS nous avait empêché d’aller rencontrer la petite fille que nous parrainons via l’ONG Plan International (

http://www.plan-international.org/).

La petite fille a bien grandi, mais sa timidité naturelle est la même « en vrai » que sur les photos. Nous ne réussirons jamais vraiment à briser la glace, malgré Joshua qui joue au lance-pierres avec les enfants, mais nous passons un doux moment avec toute la famille réunie autour d’un grand repas partagé en commun. Nous terminons par la visite d'un hopital de campagne et d'une école maternelle que nos versements mensuels ont contribué à construire.

Après une première semaine « terre », direction la mer et la baie d’Halong. Bien qu’un peu déçus par le programme trop « formaté » de la jonque en tek qui nous emmène à la découverte de la baie, le site est tellement fabuleux qu’on s’en voudrait de s’attarder sur des détails. Nous partageons la jonque avec deux seuls Allemands et notre guide, Hnuong. Elle se faufile entre les pitons karstiques qui plongent en à-pic dans la mer. Après une nuit passée dans une anse, on s’éloigne enfin un peu des autres jonques à touristes pour rallier l’île de Cat Ba.












On finira en beauté par deux jours de repos sur cette sorte de Baie d’Halong émergée, avec les mêmes pitons calcaires recouverts de jungle. Repos… excepté l’ascension boueuse et glissante de l’un de ces pitons. Un karaoké avec Hnuong nous fait passer une excellente dernière soirée sur les airs de Ne me quitte pas et même du Bon Roi Dagobert ! La petite pièce familiale où est installé le karaoké ressemble fichtrement aux norae bangs coréens. D’ailleurs, l’avion du retour nous attend bientôt, une fois traversée Haiphong grouillant de milliers de deux-roues, mobylettes et scooters pétaradants et nobles bicyclettes sur lesquelles pédalent nonchalamment d’élégantes vietnamiennes.



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05 mars, 2007

Hong-Kong, Chi et les poisons rouges, Lamma et l’iPod - Expats en Corée depuis 376 jours

Hong-Kong, Chi et les poissons rouges, Lamma et l’iPod

Comme j’ai aimé revenir à Hong-Kong cette année, et présenter cette belle métropole à Delphine et aux enfants. Chaque visage de Hong-Kong est différent, et j’ai la chance d’avoir un ami pour nous accompagner à la découverte de chacun de ces visages.





Au pied des grands buildings, le quartier branché de Central et de Soho est le royaume d’Evangelo : les rues en pente rappellent Montmartre, les cafés installent quelques tables en terrasse pour profiter de la douceur exceptionnelle de cette fin d’hiver sous les tropiques. Evangelo nous installe sur le toit du Fringe Club et évoque sa participation active au pavillon de Hong-Kong à la Biennale d’Art Contemporain de Venise. Douce brise artistique sur fond de gratte-ciels.


Kowloon est le royaume de l’ami Chi. Il y est né et y a toujours vécu. Il est tellement heureux de nous conduire du marché aux fleurs (bizarre, cette espèce de petite coloquinte orange à pointes irrégulières) au marché aux oiseaux (joli ce perroquet vert que Louise immortalise avec notre ancien appareil numérique) ; du marché aux poissons rouges au marché des bijoux en jade (fausse, pour la plupart) ; d’un resto chinois local à un temple authentique, où il fait des offrandes aux dieux qui ne sont pas en conjonction avec ceux qui protègent ses enfants. Nous finissons par un dîner au sommet d’un Victoria Peak dans le brouillard, après une belle balade nocturne et fantomatique sur le flanc de la colline, émergeant du funiculaire qui donne une allure penchée aux gratte-ciels alentours.

La famille française d’Yvon et Sylvie vit depuis longtemps à Stanley, de l’autre côté de l’île de Hong-Kong. Nonchalance dominicale, resto en terrasse et en lunettes de soleil, balade sur les rochers en contrebas d’un minuscule temple, marché animé par les expats qui viennent s’habiller pas cher le week-end à Stanley. Douceur de vivre...

Un peu plus à l’écart, comme figée dans une vision plus hippie de l’expatriation occidentale, l’île de Lamma s’offre à nous à trente minutes de ferry de la fureur du centre-ville. Une balade sympa le long de la côte aboutit à une plage reposante, où les enfants font des pâtés et trempent leurs fesses avec délices dans une mer à dix-sept degrés, et où l’on croise cinq Chinois, trois Indiens, huit Anglais et leurs deux chiens.

Je finis par m’offrir un iPod aux prix doux de Hong-Kong, et je laisse Delphine et les enfants profiter de leurs jours supplémentaires à faire du shopping et à visiter le parc d’attractions d’Ocean Park. On reviendra. Encore et encore.

Note de Delph : Et deux photos pour compléter le tableau...

Des cônes d'encens dans un temple.

Sur les façades des buildings ultra-modernes, des échafaudages.... en bambou !

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01 janvier, 2007

Noël au soleil de Thaïlande – Expats en Corée depuis 313 jours !

Noël au soleil de Thaïlande

Aussitôt défait ma combi de ski (voir post précédent), je jette précipitamment un maillot de bain et deux tee-shirts dans la valise et nous voilà partis tous les quatre au soleil pour passer les fêtes de fin d’année.
Ce voyage sera un grand classique que nous ne connaissions pas encore : que ce soit au départ de Paris ou de toutes les capitales « froides » d’Asie et d’ailleurs, les Européens convergent en masse vers Bangkok et les plages de Phuket, de Krabi et de Kho Phi Phi. Certains expats rejoignent là les grands-parents qui viennent de France passer Noël en famille, mais au soleil.


Extraits du journal de bord de Delphine (Note de Delph : c'est un peu facile ça !) :

Arrivée à Bangkok le 23 décembre :
« On prend notre premier bateau sur la Chao Praya River et après quelques errances dans des coupe-gorge pas très engageants, nos efforts sont récompensés par un sympathique boui-boui installé sur un ponton flottant en bois. Une partie est à moitié inondée et il y a une passerelle à cet endroit. C’est très bon et c’est servi par une ajuma-travelo… étonnante ! ».


En bateau sur les klongs (canaux) de Bangkok le 25 décembre :
« C’est vraiment une super balade où l’on voit toutes les maisons en bois qui donnent sur les canaux. Elles ont des petits pontons avec bancs et table pour dîner au frais, des orchidées suspendues, et des petites maisons aux esprits. Ce sont des maisons de poupées destinées à accueillir les esprits du sol où est construit la maison. On apporte de la nourriture et des offrandes tous les jours pour que les esprits soient bienveillants. »


Baie de Phang Nga le 28 décembre :
« On fait du snorkeling tous les quatre pour la première fois. Louise se débrouille toute seule même si elle n’est pas très à l’aise avec les palmes. Joshua est mis en remorque sur notre tapis/matelas pneumatique. Pour le masque et le tuba, on s’est entraîné dans la piscine et il se débrouille comme un chef. Il y a pas mal de poissons, même si ce n’est pas les Maldives, c’est pas mal.
La baie de Phang Nga est magnifique [des pitons karstiques émergent de ci de là de la mer d’Andaman], tout à fait comme sur les photos ! J’avais peur qu’il y ait trop de monde, mais ça va, les autres bateaux ne gâchent pas les photos. En faisant la plage le matin, on a fait l’inverse de tout le monde, ça a dû aider ! »


Arrivée à Koh Phi Phi le 29 décembre :
« La traversé en ferry prend deux bonnes heures, mais comme on n’est pas à Tonsai, le port principal, pour nous cela prend plus de temps. Enfin, c’est l’occasion de faire un « demi-tour » de l’île en bateau. On admire le relief escarpé, les falaises couvertes de végétation luxuriante, les plages blanches avec des palmiers. Bref, c’est beau. La plage de notre hôtel est grande et belle, l’eau est bleu turquoise. Il y a quatre hôtels sur la plage, tous bien intégrés dans la végétation. Pas de ponton ; pour débarquer des « long-tail boats » viennent nous chercher directement en mer. A peine arrivés, une grosse pluie tropicale s’abat sur notre bungalow. Cela fait du bruit sur le bois. Il est assez chouette, avec une petite entrée et une grande baie vitrée sur la mer. »


Tour de Phi Phi Leh le 31 décembre :
« On a loué un long-tail boat pour la matinée pour aller visiter Phi Phi Leh. On veut aller voir Maya Bay où a été tourné le film « La Plage » (qu’on n’a pas – encore ? – vu d’ailleurs). Ca a l’air beau… Et c’est beau, malgré le nombre ahurissant de bateaux dans cette pauvre baie. La baie suivante [Loh Samah Bay] est un peu moins magnifique (on devient difficile) mais en revanche, c’est mieux pour le snorkeling. On se baigne directement du bateau, et là c’est vraiment superbe. Il y a des bancs de tout petits poissons, j’adore. »

Retour sur Phuket et dernier jour le 1er janvier :
« On se fait amener à un restaurant de poissons sur le port. L’endroit a l’air prisé des Thaïs. C’est un jour férié et il y a plein de monde. En chemin, on apprend que six bombes ont explosé la veille à Bangkok, juste avant le réveillon. Philippe n’a plus de batterie, on ne va pas pouvoir téléphoner aux parents tout de suite pour les rassurer.
Après le déjeuner, on se fait conduire à un « trekking » à dos d’éléphant. Trois quarts d’heure sur le dos de la bête avec montée, descente et passage dans l’eau, puis on le nourrit avec des bananes, tout le monde est ravi. »


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06 juin, 2006

« Very Important Moss (like VIP) », jardins japonais - Expats en Corée depuis 104 jours !

« Very Important Moss (like VIP) », jardins japonais

Moi qui n’étais pas attiré a priori par le Japon ! Moi qui me suis fais tirer l’oreille pour passer ce long week-end de quatre jours à Kyoto (Memorial Day aujourd’hui en Corée, précédé d’un jour de pont, qu’ils appellent ici un « sandwich day ») ! J’en suis encore tout retourné ! Non, Kyoto n’est pas (seulement) le nom d’un protocole mondial et non appliqué sur les moyens de lutter contre le réchauffement de la planète. Kyoto est une planète à elle toute seule… où il faisait d’ailleurs très chaud durant tout le week-end !

A nous Kyoto, la ville aux deux mille temples, l’ancienne capitale historique du Japon, à une heure trente d’avion de Séoul (plus la même chose en train depuis l’aéroport d’Osaka). A nous la nourriture japonaise, les légumes en tempura, la soupe miso, les cubes de tofu, et surtout les sushis. Nous les avons dégustés un soir le long d’un « conveyer-belt », une sorte de rail qui tourne autour d’un grand bar en ellipse sur lequel se succèdent de mini-assiettes remplies de différents sushis. Le chef trône au centre, et les fabrique au fur et à mesure, plus rapide que l’éclair. Il demande aux enfants s’ils préfèrent les leurs sans wasabi, la moutarde japonaise verte qui ressemble au raifort alsacien, et hop ! il leur prépare un assortiment spécial aux algues croquantes sans wasabi. Ravis, tous ravis.




Chaque jour, un quartier différent à visiter, souvent à l’écart du centre-ville, là où les empereurs, seigneurs et autres Shogun avaient construit leurs palais ensuite transformés en temples bouddhistes zen ; également là où les religieux shintoïstes ont installé leurs sanctuaires, parfois minuscule autel enchâssé dans la ville, parfois abondance de temples étagés sur une colline. Sans se forcer, rien qu’en nommant les différentes balades égrenées au cours de ses quatre jours, on se prend à rêver, on imagine le raffinement de cette civilisation plurimillénaire.

Premier jour, fin d’après-midi, centre-ville : le chemin des geishas.
Splendides maisons en bois, temple au coucher du soleil, immense pagode de bois, premier grelot géant sonné par les enfants à l’aide de la grosse corde qui pend (on est censé ensuite jeter une pièce, taper deux fois dans les mains, puis prier, les enfants s’arrêteront souvent au grelot !). Puis, inattendu, au détour d’une ruelle, un groupe de quatre geishas, ou leurs disciples les maïkos, juchées sur leurs hauts sabots, se hâtant à petits pas dans leurs kimonos étroits pour rejoindre leurs invités exclusivement Japonais dans l’un des établissements spécialisés et hors de prix qui proposent ce divertissement raffiné.

Deuxième jour, après un passage obligé au jardin zen le plus connu du Japon et au Golden Temple (mais surpeuplés ce dimanche) : la forêt de bambous.
Balade tranquille du dimanche après-midi, Delphine parle de la « forêt de Meudon » des Kyotoïtes : des voitures à bras promènent les amoureux, un sanctuaire étale son tapis de mousse nickel, les troncs des bambous sont gris-vert acier. Mais quand ils s’écartent pour laisser place à un cimetière aux panneaux de bois surmontant les pierres tombales, on voit au loin les jeunes pousses de bambou au feuillage vert tendre qui s’agitent sous la brise. Au cœur de cet écrin, un autre temple bouddhiste majestueux, encore un « Patrimoine mondial de l’Unesco », déploie une galerie en bois pour passer de pavillon en pavillon, en dominant les jardins de gravier zen, et le lac au milieu du jardin japonais. Forcément japonais.



Troisième jour, après une autre « visite obligatoire » au temple d’argent et à son étalage de « Very Important Moss (like VIP) », nous nous baladons deux heures sur le chemin des Philosophes, le long d’un vieux canal étroit. On se penche sous les branches des cerisiers (en fruits) qui bordent le canal, on s’arrête pour regarder un graveur qui immortalise la scène bucolique, on bifurque vers un temple peu visité qui là encore arbore un tapis de mousse de toute beauté et des tortues s’ébattant dans une mare. On jurerait que les carpes japonaises sont des requins cherchant à croquer un morceau de carapace.

Ce matin enfin, point d’orgue de ce splendide voyage, le sanctuaire aux mille portiques, Fushimi Inari. Un enchantement de découvrir, le long d’un chemin qui serpente dans la montagne, un alignement presque continu de portiques shintoïstes en bois recouverts d’une laque orange brillante, sous lesquels on passe pour gravir la montagne. L’enchaînement des portiques ne s’interrompt que pour pouvoir accéder à des centaines d’autels, petits ou grands, enchevêtrés par paquets, chacun flanqué de deux renards tenant dans leur gueule la clé du grenier à riz. Les ex-voto posés sur les autels en pierre brute sont également des mini-portiques en bois orange vif. Tout cela sous les frondaisons, ou bien à côté d’un petit lac où des hérons s’envolent à notre approche, c’est une splendide fusion du religieux et du naturel. On apprend que cet immense endroit (quatre kilomètres de sentier !) est le « maître-sanctuaire », le chef de quelque trente mille sanctuaires similaires éparpillés dans tout le Japon, tous dédiés à cette même divinité. En redescendant par un autre chemin, surprise, quelques portiques sont laqués de rouge, quelques grenouilles (avec bébé sur leur dos) remplacent les renards. On ne demande pas pourquoi, on profite sereinement de cette dernière balade inoubliable dans Kyoto.

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