29 juillet, 2007

Il fait dimanche à Marrakech – Expats en Corée depuis 522 jours

Il fait dimanche à Marrakech


Comme le chante Henri Salvador, il fait toujours dimanche à Marrakech. D’ailleurs, nous y atterrissons un dimanche, en plein cœur de l’été marocain. "Il fait 45 degrés à Marrakech", aurait pu chanter l'ami Henri ; moins poétique, beaucoup plus réaliste ! On sent encore comme une chape de plomb sur les épaules à huit heures du soir pour aller déguster un tagine kefta brûlant sur le trottoir où un petit snack a éparpillé quelques tables.


Pas complètement suicidaires, Marrakech n’était qu’une étape vers la montagne. « Là-haut sur le Toubkal », il est censé faire un peu plus frais. Pas tout à fait sur le Toubkal, car il culmine à plus de quatre mille mètres, et nous sommes là pour faire un petit trek avec les enfants. Il se déroulera dans les vallées qui s’ouvrent depuis le Toubkal, sous un soleil plus chaud que la moyenne, malgré l’altitude (bivouacs et gîtes aux alentours de 1800 mètres, cols entre 2200 et 2500 mètres). Le troisième jour est le plus long et le plus chaud, et malgré crème, chapeau et tente mess pour déjeuner et faire la sieste, deux des cinq enfants souffrent d’un coup de chaleur le soir au bivouac, dont Louise qui passera une bien mauvaise nuit. Une famille de cinq nous accompagne, Jacqueline et Dominique et leurs enfants, Margaux, Pierre et Juliette. Louise et Joshua apprennent des jeux de carte aux noms rigolos et délicieusement grossiers. Durant le trek, les enfants se partagent deux mules, le temps passé sur les mules étant en gros inversement proportionnel à l’âge de l’enfant multiplié par le coefficient de jalousie entre frangins !


Pendant ce temps, les parents discutent entre eux ou avec les Marocains rencontrés dans les villages (ci-dessus un habitant d’Imsker ayant vécu à Lille durant quarante-deux ans), ou bien font des paris aux enjeux énormes : Dominique perd gros en inventant des types d’oliviers différents en fonction de la couleur de l’olive. Wikipedia sera le juge de paix lorsque l’on retrouvera l’accès à Internet. L'encyclopédie en ligne est alors formelle : « Rappelons que les olives sont d'abord vertes, puis deviennent noires en mûrissant sur les arbres. Il n'existe donc pas de variétés d'olivier à olives exclusivement vertes et d'autres à olives exclusivement noires. ». Dont acte. Et dirhams à la clé !

De retour à Marrakech le samedi suivant, nous visitons le splendide jardin Majorelle, où Delphine réussit un trompe-l’œil photographique qui laisse Dominique et moi béats et admiratifs. Un détour par les souks, la place Jamaa-El-Fna, deux excellents restaurants (Dar Mima et Dar Zellij) dont l’un nous laissera pourtant une tourista d’anthologie en souvenir, des cornes de gazelle à la fameuse pâtisserie Al Jawda, et voilà la boucle bouclée : il fait dimanche à Marrakech, et nous reprenons l’avion pour Paris.

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