26 mai, 2006

Family day ! Expats en Corée depuis 93 jours

Family day !
(Note de Delphine)

Aujourd'hui, LG-Nortel organise une grande fête pour les familles des victimes. Au programme de la journée, des jeux "sportifs" et la visite du centre de Recherche et Développement. Le stade d'Annyang a été loué pour l'occasion, c'est très impressionnant, ce qui est le but je suppose. Tout le monde porte l'uniforme imposé et gracieusement offert aux conjoints : jogging noir et polo disponibles en 4 couleurs. Pas trop mon style, mais ça fait de l'effet dans les gradins.

Après un déjeuner pris assis par terre dans les gradins, les jeux commencent. J'ouvre de grands yeux à la vue de poms-poms girls en mini jupettes. Je ne voyais pas le Family Day comme ça !
Cela dit, l'ambiance est bonne et les jeux sont sympas. Après un quizz géant auquel on ne peut évidemment pas participer, je me fais embrigader sur le terrain sans savoir à quel sauce je vais être mangée. En fait il s'agit d'une course de ballons gigantesques de 2 mètres de haut qu'il me suffit de pousser dans le bon sens quand celui de notre équipe arrive à mon niveau.

La suite est plus classique au centre de R&D : discours du chef, vidéo et visite. On nous fait admirer les dernières merveilles de la technologie comme un beau vidéophone mais ce que je retiens le plus, c'est une salle de réunion pour les grands chefs avec des fauteuils en cuir installés en cercle autour d'une table basse. Tout à fait mafia coréenne ! Je crois qu'il faut que j'arrête les films coréens du mercredi matin avec le CFC, le Cercle Franco-Coréen...

Libellés :

23 mai, 2006

Business Etiquette - Expats en Corée depuis 90 jours

Business Etiquette

Comment de déroulent les réunions d’affaires formelles en Corée avec nos clients ? Juste quelques souvenirs ou remarques au vol.

Me suis déjà retrouvé en costume-cravate dans une salle de réunion attenante à un lab de tests. Dans ce lab, chaussures interdites, les ingénieurs-testeurs enfilent leurs claquettes, mais nous, visiteurs d’un jour, laissons nos chaussures à l’entrée pour rejoindre la salle. Ce sera donc ma première réunion en cravate-chaussettes !
Au bureau également, même en l’absence d’un lab de tests, nombreux sont mes collègues qui se déchaussent à côté de leur bureau, pour enfiler des claquettes en plastique confortables pour la journée. Je vois d’ailleurs parfois une « ajuma » (femme d’un certain âge) pousser un râtelier rempli de chaussures, qu’elle rassemble par section ou par département.

Me suis bien sûr retrouvé dans la plupart de ces réunions formelles avec un client à être le seul non-coréen. A moi d’avoir mon interprète particulier qui me chuchote les traductions à l’oreille, car les Coréens feront toute la réunion en coréen, en semblant ne pas se soucier de moi. En réalité, ils apprécient si j’interviens (en anglais) à bon escient sur un sujet qui m’a été traduit précédemment.
Bien entendu ces réunions formelles sont stratégiquement placées en fin de matinée, ou beaucoup plus souvent en fin d’après-midi, afin qu’un repas s’ensuive, très arrosé de préférence si c’est le dîner. Cela permet de parler informellement du meeting formel (!) ; c’est donc à ce moment-là qu’on aura un vrai feedback du client, ou plutôt de l’ami que l’on a depuis vingt ans chez le client, et qui va s’ouvrir après quelques bouteilles de soju. Autant dire que la barrière de la langue n’est pas la plus importante pour moi : je n’obtiendrai un feedback réel du client qu’à travers ce que m’en diront les nombreux « amis de vingt ans » de nos deux sociétés respectives.
Néanmoins, il est très bien vu à ce que j’assiste aux meetings les plus importants et fortement encouragé à ce que je participe activement aux dîners. Ce soir, c’est jour de match de foot amical entre Corée et Sénégal, derniers préparatifs à la Coupe du Monde en Allemagne. Le résultat est nul (1-1), mais l’atmosphère ne l’est pas. Je me fais prendre en traître par un mélange soju-thé vert que je ne connaissais pas. Beaucoup plus doux au goût bien sûr que le soju pur (21°), j’accepte et je retourne de nombreux toasts. Le lendemain matin sera très difficile.



Note de Delph :
Le soju est une boisson d'homme. La preuve : la forme phallique du pot utilisé pour sa fabrication traditionnelle (non ce n'est pas moi qui phantasme, c'est officiel) !









Hygiène : les Coréens se lavent les dents après chaque repas, pour l’hygiène bien sûr, mais aussi pour tenter de masquer l’haleine tenace résultante du kimchi ingurgité au cours de chaque repas (petit déj’) inclus. A propos, les pubs pour les rafraîchisseurs d’haleine et les distributeurs de Xylitol (une marque leader sur ce marché semble-t-il) fleurissent dans tous les coins de la ville. Lavage de dents, donc, au bureau : pas étonnant de voir un pot débordant d'une douzaine de brosses à dents et d'un tube de dentifrice commun attendre sagement le prochain repas dans les toilettes du bureau. Faudra que je prenne une photo si je revois un de ces pots.

Libellés :

(Parenthèse), en français dans le texte - Expats en Corée depuis 90 jours

(Parenthèse), en français dans le texte
Note de Delph : c'est un flashback sur la 2ème semaine de mai mais Philippe n'a pas eu le temps de l'écrire plus tôt.

Premier hasard annonciateur : nous allons voir une bonne pièce de boulevard organisée et jouée par l’AFC (la dynamique Association des Francophones de Corée, dont Delphine sera peut-être bientôt la « Web-master »… à suivre), avec surtitres en coréen s’il vous plaît. Réminiscences de notre bon vieux « Au théâtre ce soir », ils jouent « Le noir te va si bien » qui culmine lors d’un concours de « Monsieur et Madame ont un fils… ». Je me souviens que ce jeu avait fait fureur dans ma cour de récré le lendemain de sa diffusion sur notre vieille télé noir et blanc. Le plus dur, c’était « M. et Mme Enfaillite ont une fille qui s’appelle…, …., Mélusine ».
Deuxième hasard : nous allons voir notre premier film français au Megabox du CoEx : « Anthony Zimmer ». Ah ! les chevilles de Sophie Marceau que la caméra suit jusqu’au restaurant du Train Bleu ! Ah ! Yvan Attal, hagard et mal rasé s’enfuyant pieds nus du Negresco pour échapper aux tueurs !


Bref, ces artéfacts français ne sont qu’un prélude à un événement somme toute banal pour le boulot que je fais, mais qui recouvre une atmosphère singulière lorsqu’on est expat : je suis envoyé avec cinq collègues coréens pour une réunion importante d’une semaine au siège de Nortel… en France ! Me voilà en visiteur, en voyageur d’affaires, débarquant à Roissy, prendre le taxi non pas pour un hôtel interchangeable, mais pour mon bon vieil appart’… quasi-vide. On a gardé juste ce qu’il faut pour que la famille y passent quelques semaines durant l’été, donc je peux y survivre sans problème. Sensation amusante, délicieuse autant qu’étrange (en ajoutant l’effet cotonneux du décalage horaire) : être un étranger dans sa ville, faire ses courses au Monoprix d’Issy-les-Moules, en fonçant sur (par ordre d’importance) un demi reblochon, un petit pot de tarama, des danettes au caramel pour mon dîner royal de ce soir en tête à tête avec ma télé. Puis en thésaurisant ce que j’emporterai dans ma valise au retour : tablettes de chocolat, bouteille de muscat et de pessac-léognan, écorces de pin pour les orchidées, etc. Bref un comportement classique d’expat flirtant avec les limites des règles douanières en vigueur en Corée (normalement un litre d’alcool, pas de produits frais, ni de produits agricoles, etc).

Oublions le reste de la semaine de travail au cours de laquelle les difficultés de coopération entre la Joint-venture et une de ses maisons mères continuent de s’exacerber. Mais c’est tellement agréable de se faire inviter à dîner par des amis, et d’échanger des broutilles autour d’un bon verre de vin. Merci à Zabeth, Fred, Jef, Caroline, Philippe & Marie.

Dernier hasard : sitôt atterri à Séoul le samedi suivant, effet cotonneux inversé, me voilà assis dans la grande cathédrale de Séoul, écoutant un concert du chœur d’hommes de Sartène que nous avions déjà apprécié il y a deux ans à Porto-Vecchio. Deux beaux acteurs français et des polyphonies corses encadrant une semaine en France, une vraie parenthèse.


Note de Delph : Difficile de croire que cette photo a été prise en Corée n'est-ce-pas ? C'est la cathédrale de Myong-dong, où nous sommes allés écouter les polyphonies qui faisaient partie du programmes des animations pour célébrer le 120ème anniversaire des relations franco-coréennes. Voilà le site avec le programme du 120ème anniversaire :http://www.france.or.kr/120_en/02_program/program_01.htm

22 mai, 2006

Visitez la petite France.... de Séoul - Expats en Corée depuis 89 jours

Visitez la petite France.... de Séoul
(Note de Delphine)

Ce n'est pas moi qui le dit, c'est la radio KBS World : http://rki.kbs.co.kr/french/korea/town_street_detail.htm?No=104


Bon, l'article est un peu exagéré : j'ai mis 2 mois à remarquer les panneaux indicateurs en français et il faudrait préciser les horaires de sorties de l'école, car c'est surtout à cette heure là qu'on peut photographier les élégantes (forcément !) Françaises et leur progéniture.

Cela dit, le site est très utile pour avoir des informations coréennes en français, et donc comprendre un peu mieux ce qui ce passe autour de nous.

Il y a aussi la rubrique "La face cachée de Séoul" que je vais bientôt tester : il y est question d'un quartier où on peut trouver du matériel de bricolage divers et pour.... la mosaïque. Je peux vous dire que cela à fait tilt, car à part la colle et de la vaisselle, je n'ai rien vu pour la mosaïque, pas même du joint à carrelage. C'est qu'il n'y a pas de Casto ici, la grande distribution et beaucoup moins développée qu'en France. Donc, on doit forcément pouvoir en acheter mais il va falloir que je trouve le quartier des carreleurs !

Libellés : ,

Venez voir la pluie tomber à Séoul - Expats en Corée depuis 89 jours

Venez voir la pluie tomber à Séoul
(Note de Delphine)

Oui, aujourd'hui il pleut, mais les autres jours il fait beau et chaud en ce moment et on en profite pour manger dehors. Voilà, c'était juste une petite introduction pour vous donner le lien de la webcam installée dans le centre de Séoul : http://tv.seoul.go.kr/livecam_eng/seoul_r/openv.asp
N'hésitez pas à cliquer sur le carré à droite de la webcam, on peut prendre le contrôle de la caméra et jouer avec...

Mise à jour du 22 février 2007 :
Dommage, le lien ne fonctionne plus. Je ne trouve pas d'autres webcams à Séoul, alors à la place, je vous propose la télévision en direct sur internet : http://www.webcamendirect.net/television/Coree_du_Sud/WTELKR0013.htm
Pour vous mettre dans l'ambiance, c'est même mieux !

Libellés :

18 mai, 2006

Tous shootées à la vitamine C ! Expats en Corée depuis 85 jours

Tous shootés à la vitamine C !
(Note de Delphine)

En Corée, la vitamine C se consomme - sans modération - sous forme liquide, en petites bouteilles qu'on trouve dans toutes les épiceries. C'est sûrement la boisson la plus vendue après le soju !

Ce matin, j'ai participé à une excursion. Dans le bus, les Coréennes distribuaient généreusement des petites bouteilles : vitamine C. La semaine dernière, cadeau de la dame du pressing : vitamine C. Pendant les vacances, un cadeau aux enfants : vitamine C.

Quand les ajumas (les dames d'âge mûr facilement reconnaissable à leur coiffure : cheveux courts permanentés et visière sur la tête) ont un petit coup de barre, vite une petite bouteille et ça repart !

Libellés :

15 mai, 2006

Quand les Sud-Coréens fêtent leurs parents avec un... scalpel - Expats en Corée depuis 82 jours !

Quand les Sud-Coréens fêtent leurs parents avec un... scalpel
(Note de Delph)

http://actualite.free.fr/insolite/3_2006-05-08T095355Z_01_MAL828408_RTRIDST_0_OFROE-COREE-DU-SUD-CHIRURGIE-ESTHETIQUE-FETE-20060.html
Et oui la chirugie esthétique est une obsession ici paraît-il ! Et les opérations ne sont pas seulement choisies pour des raisons esthétiques (avoir les yeux plus grands pour ressembler aux occidentales par exemple), mais aussi parce que changer la forme de ses joues ou de son menton peut porter bonheur....

Libellés :

05 mai, 2006

Bon anniversaire, petit bouddha de pierre - Expats en Corée depuis 72 jours !

Bon anniversaire, petit bouddha de pierre

Nous sommes à Gyongju, ancienne capitale du royaume de Shilla, petit royaume indépendant au premier millénaire, puis ancêtre de la Corée durant deux-trois siècles lorsqu’il unifie sous sa botte les « trois royaumes » de la péninsule. Beaucoup d’histoire, donc, dans cette ville de province. Le parc des tumulus royaux est couvert de buttes herbeuses, tombeaux des rois de Shilla, qui forment un paysage fantasmagorique.

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de Bouddha, nous allons au célèbre temple de Bulguksa. Lanternes foisonnantes, et grande cérémonie officielle pas très intéressante avec les dignitaires locaux laïcs et religieux, exceptée une chorale de jeunes Coréens à bérets blancs et chapeaux melons rouges du plus bel effet. Dans le quartier des antiquaires, nous dénichons un bouddha de pierre de cinquante centimètres et d’une vingtaine de kilos. Traits sereins et fins, pierre grise bicolore par endroits : il nous plaît, c’est notre cadeau d’anniversaire à notre petit bouddha de pierre que de l’emmener à Séoul. Demain déjà.


Note de Delph : Et voilà les photos.

Les serveuses du buffet VIP au temple Bulguksa
Détail d'une porte dans le temple
Deux chouettes portraits
Le soir, on a assisté à un spectacle de danse traditionnelle, cela a beaucoup plu à tout le monde !
Les tumuli (tombes d'anciens rois), protégés par l'Unesco, et allègrement piétinés par les touristes
Les notes de Louise sur un tumulus dont on pouvait visiter l'intérieur
Et une rizière pour finir, mais c'est tout de même beaucoup moins joli qu'à Bali (les petits veinards se reconnaîtront...)

Libellés :

03 mai, 2006

My favourite dish is fish? Ah bon… Expats en Corée depuis 70 jours !

My favourite dish is fish? Ah bon…

…chantait Jacques Higelin à Mogador lors d’un concert gravé sur un triple vinyl il y a trop longtemps. Nous aussi, on commence à se demander si notre plat favori est le poisson.

De retour sur la mer de l’est, dans un hôtel improbable installé comme un énorme phare au bout d’un village de pêcheurs et au bord d’une petite plage anodine. Hôtel vide, basse saison, hormis les cars de collégiens, plein-vide voir plus haut. La patron arrive au bout de dix minutes, nous donne une bonne chambre à cinquante mille wons (45 euros), et passera la soirée à manger et boire avec des invités cravatés à la table à côté de la nôtre.

Quant à nous, poisson, donc, que ce soit notre plat favori… ou non. Assortiment de sashimi. Comme d’habitude accompagné par une variété de petits plats disposés dans des ramequins. Une variété qui impressionne la première fois, mais l’on se rend compte que les accompagnements deviennent eux aussi des classiques : le maïs au four servi sur son poëlon, le long maquereau grillé (seul poisson cuit du lot), le flanc de tofu, les germes de soja, le kimchi bien sûr, les algues de différentes sortes, les petits poulpes, les feuilles de laitue et de sésame pour entourer le poisson cru trempé dans la sauce brune aux cacahuètes ou dans la sauce soja et le wasabi, ils sont venus, ils sont tous là. I

Incroyable, mais vrai : demain soir à Gyongju, on dénombrera jusqu’à trente-huit (oui, 38) petits plats et ramequins différents sur notre table pour quatre personnes, dont deux enfants. Inutile de préciser que les serveuses « ajumas » jouent parfois aux équilibristes en entassant quelques assiettes. Mon bras allongé de mes baguettes n’est pas trop long si je veux goûter le contenu du 38ème ramequin placé en diagonale.
Delphine boit du soju pour la première fois ce soir ; le patron n’en est manifestement pas à sa première bouteille, lui. Et il a intérêt à ce que son plat favori soit le poisson !


Note de Delphine : en illustration le restaurant de Gyongju dans une maison traditionnelle (je prends la photo de l'extérieur, dans la cour).

Libellés :

Vacances Y&Y, Burning down the house - Expats en Corée depuis 70 jours !

Vacances Y&Y, Burning down the house

Vacances Yin et Yang, mer-montagne, chaud-froid, vide-plein.
Quelle triste surprise lorsque nous arrivons à Nagsan-sa, l’un des plus beaux temples de Corée, et l’un des seuls construits au bord de la mer. Il a brûlé il y a un an, lors d’un feu de forêt qui a ravagé les collines environnantes plantées de pins. Le yin & yang se mêlent aux quatre éléments du drapeau coréen dans ce tableau triste et émouvant : un immense et splendide complexe religieux accroché entre terre et mer, dévasté par les flammes qui ont laissé parfois un pavillon debout, un portique en place (malheureusement pas la grosse cloche, paraît-il l’un des joyaux du lieu, ni le portique de l’entrée datant de 1453).

Visité un jour de grand vent, les quatre éléments du drapeau national sont bien là, ainsi que l’une des caractéristiques majeures du peuple coréen : la rapidité à faire face. « Vite » se dit « palli » ; « palli, palli » est une _expression familière à Séoul, au bureau ou dans un taxi. A Nagsan-sa également. Palli, palli, de nouveaux pins adultes sont transplantés pour recouvrir la colline du temple, ou bien les moins abîmés sont pansés de plastique pour recouvrer leur écorce au plus vite. Palli, palli, les ouvriers reconstruisent, qui le parking, qui un pavillon face à la mer, qui le bâtiment principal où un stupa se dresse encore fièrement.

Ils sont aidés dans leur tâche par un moine psalmodiant des mantras en rythme avec l’étrange percussion des bouddhistes coréens. Il est assis en tailleur devant le stupa, et devant un micro qui relaie son message via des enceintes dispersées sur l’immense site de Nagsan-sa.

Yin & Yang, c’est aussi vide et plein. Accepter le vide, se l’approprier doucement, c’est par exemple le cas dans notre hôtel vide d’hier.
Accepter le plein, le trop-plein, sans le rejeter, c’est ici se frotter à une foule compacte de centaines d’ados en goguette qui hurlent sur notre passage « HELLO ». Nous sommes Les Occidentaux, ces bêtes étranges qui ne comprennent que l’anglais, sur qui on peut donc tester – pour les plus téméraires – les quelques mots engrangés en cours : how are you, where are you from ? Encore mieux lorsque ces occidentaux ont des enfants blonds qu’on peut toucher ou mitrailler avec son téléphone mobile-appareil photo. La fière statue de la déesse de la compassion domine la mer, affronte le vent, et se moque des incendies. Des lycéens aussi.


Libellés :

Vacances M&Ms. “tra Mare e Monti” - Expats en Corée depuis 70 jours !

Vacances M&Ms. “tra Mare e Monti”

Vacances Mer et Montagne (“tra Mare e Monti” me rappelle le nom d’un sentier corse). Deux chambres avec vue, de belles vues sur la mer de l’est (litige sur le nom de cette mer que la plupart des atlas identifient comme la mer du Japon, mais que les Coréens nomment la mer de l’est), puis sur les pics du Seoraksan. Retour sur la mer aujourd’hui, après un dernier aperçu du parc naturel : escalade d’un petit pic avec Louise, après qu’un télécabine nous a tous projetés à 800 cents mètres pour profiter d’une vue circulaire sur les montagnes environnantes qui culminent à 1700 mètres.

Note de Delph : Et aussi un temple et un Bouddha géant....

Libellés :

02 mai, 2006

Va où le vent te mène, va - Expats en Corée depuis 69 jours !

Va où le vent te mène, va

En route, mauvaise troupe ! Nos premières vacances d’expatriés. Nous nous devions de visiter la Corée durant ces premières vacances, celles de Pâques pour l’école française : joli mois de mai, beau temps en perspective, montagnes aux pentes couvertes de fleurs dans les nombreux parcs naturels. Quelques heures de route (avec la même voiture que notre premier week-end de location) pour faire les deux cents trente kilomètres qui nous séparent de la côte nord-est. Les ralentissements sont fréquents, et les autoroutes sont limitées à 100km/h ; des caméras – heureusement toutes indiquées « police enforcement » – veillent et surveillent.

Nous commençons par les parcs naturels et plages du nord-est, pas très loin de la frontière nord-coréenne. Effectivement, la proximité avec la frontière se remarque dès que nous longeons la première plage à Gangneung : le littoral est bardé de barbelés, et les hôtels de mêlent aux casemates. Impressionnant ! Heureusement, la station balnéaire que nous avons choisie est tout à fait normale : l’hôtel donne sur la mer, la plage est longue et belle, les restos de poissons s’alignent dans la rue principale. Seul le sable jaune, ce brouillard polluant venu de Chine, vient dénaturer le paysage. Moi qui pensait qu’il ne sévissait qu’à Séoul, nous voilà servis pour ce premier jour de vacances.

Le lendemain matin, Louise offre un dessin de muguet à sa maman pour le premier mai, et nous voilà partis faire une rando dans notre premier parc naturel, Odaesan. Moins de monde heureusement que lors de notre première randonnée de week-end à Séoul. Sentier aménagé en beaucoup d’endroits avec des ponts en fer pour suivre le torrent au plus près. Un beau temple bouddhiste (faut que je vérifie si on dit bouddhiste ou bouddhique), encore un, repeint de frais, avec un magnifique cerisier en fleurs planté devant le bâtiment principal, et bien sûr des lanternes à foison. Ces touches de couleurs égayant les abords des temples nous manqueront après l’anniversaire de Bouddha (vendredi prochain). Une cascade et un bon pique-nique plus tard, nous voici revenus à la voiture après trois heures de marche.

Direction Seoraksan, parc naturel voisin, qui a la réputation d’être l’un des plus beaux de Corée. Nous chantons à tue-tête « elle m’a dit d’aller siffler là-haut sur la colline » sur une vieille cassette de Joe Dassin embarquée par Louise depuis Issy. Je me dis que ça ferait un bon titre pour le blog, mais la route défoncée grimpe abruptement : Soraksan est une vraie montagne, pas une colline, et la route doit être refaite. Tant pis pour Joe Dassin, et tant pis pour le détour que nous faisons pour rejoindre la station thermale d’Osaek au cœur du parc. Zaï, zaï, zaï, zaï !

Hôtel hors saison « à la Shining » déroulant ses longs couloirs presque vides, station thermale minuscule dont notre hôtel est le fleuron, peu de Coréens (ce ne sont pas les vacances scolaires pour eux), pas de touristes. Seuls tous les quatre dans le resto de spécialités de « champignons des pins ». On se dit qu’on dînera dans notre immense chambre-appartement demain soir. Il y a de la place : salon-kitchenette de 30m2, souris grise dans le placard comprise, deux chambres. Delphine remarque que la table basse du salon à côté des canapés est plus haute que la table pour manger (puisqu’on mange par terre assis sur des coussins) !

Ce matin, vent à décorner les antilopes (semblerait qu’une espèce habite ces montagnes) : ça a lavé le ciel d’azur du détestable sable jaune des deux derniers jours, mais ça a fait chuter la température espérée et annoncée pour ce mois de mai. La randonnée en sera accélérée. Elle est pourtant magnifique dans un décor d’estampe coréenne : nous sommes dominés par de grands pics sur les flancs desquels les pins ont pris racine comme ils ont pu, et nous longeons un torrent qui forme de beaux bassins d’eau verte et transparente sur fond de rochers marron clair. Nous écourtons malgré le paysage les désormais classiques incontournables de la rando coréenne : temple bouddhiste (une forêt de petits bouddhas dorés en extérieur), cascades et points d’eau potable avec louches en plastique rouges ou bleues à disposition (l’eau thermale est très légèrement gazéifiée), pique-nique en vitesse : ce satané vent nous transperce. Nous allons donc où le vent nous mène : nous réchauffer dans les bains de l’hôtel, avec bassins thermaux à 39°C. Haaa ! Ca va mieux !

Libellés :